Texte AlternatfL’application-pilote concerne 3500 palettes homogènes de pots de mayonnaise sur les 55 000 environ qui transitent par le site de Longueil Sainte-Marie. Les premiers tests ont démarré en octobre 2006 (1), et le pilote va durer un an. Le coût du tag est de 10 centimes/palette auquel s’ajoute un investissement de 70 000 euros pour chacune de deux sociétés. Les palettes concernées sortent de l’usine Bénédicta de Seclin avec l’étiquetage traditionnel (étiquette GS128 disposant d’un code SSCC), car l’expérience RFID s’arrête à la plate-forme FM Logistic, aucun distributeur n’ayant voulu s’associer à la démarche, et un tag RFID vierge UHF GEN 2 (encadré ci-contre). Le tag est ensuite encodé avec un numéro EPC 96 bits (trans-codification du SSCC préalablement lu sur la palette). L’opération est conduite avec un ensemble de partenaires «experts» qui associe les sociétés française Thin-Track pour la partie informatique et belge RFIDEA pour la conception (encadré). «La fiabilisation des process entrepôts est une question majeure des prochaines années, explique S. Descarprentries. Aussi suivons-nous de près toutes les évolutions technologiques pour nos programmes de gestion des entrepôts, et la RFID nous semble constituer une des réponses avec un avantage qualitatif certain. En outre, les relations entre les producteurs et les distributeurs nous ont amené à nous positionner sur ce système». Le principe du projet suit le schéma suivant : à chaque étape de la Supply Chain, une information de type "événementielle" est enregistrée, utilisée le cas échéant et publiée. Les transformations et/ou mouvements de chaque palette sont tracées et interrogeables de façon sécurisée, ce qui permet de garantir une traçabilité exemplaire (par exemple lors des transformations palettes mères en palettes filles, lors de reconditionnement, du transport, de la préparation de commandes...). La traçabilité est ainsi gérée dans un seul système ouvert, accessible à tous les acteurs de la Supply Chain, et permet une plus grande fiabilité et réactivité en cas, par exemple, de rappel de produits. Même si la RFID à grande échelle peut montrer encore des limites (taux de fiabilité pour les lectures de masse, et retour sur investissement encore à démontrer…), admettent les partenaires. Ce qui n’est pas le cas du pilote Bénédicta. Tout au contraire même, disent-ils. «Nous avons atteint 100% de fiabilité de lecture en réception sur tous les produits testés», assurent-ils. Les outils de gestion d’entrepôt FM (WMS, engins de manutention…) ont été totalement rendus compatibles avec la technologie RFID. Ce qui est l’enjeu le plus complexe, soulignent unanimement les responsables du projet. Par ailleurs, la technologie a été bien acceptée par les équipes opérationnelles, notent-ils, et les premières analyses process démontrent un gain de 13 secondes par palette réceptionnée. Mais le bénéfice de l’application va bien au-delà du gain de temps qui permet d’engager d’autres operations, notamment de reconditionnements. Pour l’heure, c’est surtout l’immense richesse de collectes de données (traçabilité, sécurité…) dont se félicite l’ensemble des partenaires. De ce point de vue, pour Bénédicta, «il vaut mieux pour une PME être précurseur que suiveur. Par le réseau d’informations qu’il met en œuvre, ce pilote représente une mine d’informations pour optimiser nos systèmes et il nous donne un temps d’avance vers l’Internet des objets» explique Xavier Perraudin, directeur logistique. Quant à FM Logistic, la société espère étendre la RFID à l’ensemble des flux de réception, et à moyen terme l’élargir à d’autres processus logistiques et d’autres acteurs de la chaîne logistique. Sans vouloir donner plus de détails, cette application (à laquelle a participé IBM qui a simulé le distributeur) pourrait permettre une extension sur des projets conduits à plus grande échelle, dans le cadre notamment du Projet européen Bridge auquel participerait Carrefour. Mais pour le moment, force est d’admettre que le déploiement de la RFID a du mal à se faire, et se limite aux pilotes qui certes se multiplient. Faute au prix du tag répondent les observateurs qui, même à 5 centimes (ce que d’aucuns prévoient d’ici 5 ans), restera encore un frein. Dans ce contexte, la RFID telle qu’elle est appliquée actuellement constituera probablement l’outil de traçabilité pour la supply chain mais ne s’étendra pas à l’UVC. Cette seconde étape se déploiera davantage avec les encres conductrices qui permettront de diminuer très notablement le coût de la RFID mais surtout avec le Databar (voir www.emballagedigest.com - e.bonus du 6 avril 07). Ce code, qui constitue la 2è génération du code barres, ouvre, semble-t-il, de larges perspectives de fidélisation du consommateur. Ce qui, pour une marque, est bien l’objectif n°1.