Les emballages ménagers en voie de réduction
30 janvier 09 | Focus | #8387 :: rss
Bilan chiffré sur l’effort des industriels de l’emballage en termes de réduction d’impacts environnementaux.
Près de 3 millions de tonnes d’emballages ménagers (2 949 156 t exactement) ont été recyclées en 2007 (encadré ci-contre) et réintégrées au cycle de production de nouveaux produits. Ce qui représente un taux de plus de 61,3%.
L’objectif européen avait fixé à l’échéance de 2008, 55% à 80%. Celui défini par la loi du Grenelle Environnement, 75% d’ici 2012, implique de recycler 3,2 millions de tonnes d’emballages par an (1). Le Cercle National du Recyclage est sceptique. «Ce taux est difficilement atteignable, dit-il, puisque depuis quelques années, il n’augmente que très faiblement. De 58,6% en 2005, il est passé à 59,6% en 2006». D’où la nécessité d’introduire de nouveaux gisements dans la collecte sélective. Ce que vient notamment de faire le Syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide qui, avec l’AMF-Association des Maires de France, a signé un partenariat et une charte pour «lutter contre l’abandon des emballages de la restauration rapide sur la voie publique».
En 2007, le recyclage des emballages en France a permis d’éviter l’émission de 1,5 million de CO2 (gaz à effet de serre) et de réaliser des économies de matières premières (30 millions de tonnes depuis 1992). Ce qui, avec l’objectif de 2012, veut dire 17 millions de tonnes de matières premières économisées et 11 millions de tonnes de CO2 évitées (soit la production annuelle de CO2 d’1 million de voitures). Chaque tonne de bouteilles et flacons en plastique recyclé, par exemple, évite l’extraction de 620 litres de pétrole et de près de 250 m3 de gaz naturel. Si chacun s’accorde à dire qu’il faut encore faire des efforts, il ne faudrait pas perdre de vue les fonctions de l’emballage : conservation et hygiène, stockage et transport, adaptation aux modes de consommation et à la composition des foyers (portions) et information. Il n’y a pas si longtemps, l’emballage était considéré comme une valeur ajoutée car il évitait précisément de perdre de la nourriture. Aujourd’hui, 72% des produits de consommation courante se vendent en libre-service. Les emballages sont donc nécessaires, à moins de reprendre son pot à lait. Il faut aussi remettre les chiffres en perspective, notamment les 4,7 millions de tonnes de déchets d’emballages par rapport aux 28 millions de déchets produits par les ménages inclus dans les déchets municipaux (graphique ci-contre). Et si les emballages sont souvent décriés, il faut savoir que c’est la production des aliments qui est la principale source d’impacts environnementaux du couple produit/emballage, la contribution des modes de conditionnement étant d’un ordre de grandeur nettement inférieur, indique Bio Intelligence Service qui a réalisé une ACV - Analyse de cycle de vie sur trois couples produit/emballage (hachis parmentier, jambon, champignons - voir tableaux ci-dessus). Sur le comparatif produit industriel (c.a.d. produit + emballage) et produit peu emballé (vendu à la coupe ou en vrac), les différences d’impacts selon les modes de conditionnement sont limitées, en raison notamment de la contribution importante de l’étape de production, sauf pour l’indicateur de déchets d’emballage ultimes, précise Bio Intelligence Service.
. *-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*
Tonnage des emballages ménagers recyclés et réintégrés dans la production de nouveaux produits
• Plastiques (bouteilles et flacons) :
- 218 000 t : en fibres textiles synthétiques, gaines et tuyaux pour l’industrie du bâtiment et toutes sortes de produits de la plasturgie
• Métal :
- 320 000 t d’acier
- 17 000 t d’aluminium
Les métaux, recyclables à l’infini, ont des applications très larges dans tous les secteurs de l’industrie et de la consommation
• Papiers/cartons :
- 474 000 t : fabrication de nouveaux emballages
• Verre (bouteilles/bocaux) :
- 1 906 000 t : équivalent de 4 milliards de nouvelles bouteilles en verre
Source : Eco-Emballages - 2007.
Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support
