Ce qui représente un volume significatif, nous a indiqué Jean Bourjade, délégué d’Inter Beaujolais, structure qui représente, à parité égale, les viticulteurs et les négociants. Ce nouveau conditionnement a suscité quelques réactions au Japon qui ont vite été interprétées par certains comme quoi le PET pourrait être interdit en France pour conditionner le vin. C’est aller un peu vite. Tout est parti d’un propos tenu lors du lancement au pays du soleil levant du Beaujolais Nouveau par le président de l’ODG-Organisation de défense et de gestion des vins Beaujolais et Beaujolais Villages qui représente les viticulteurs qui produisent ces deux appellations. Daniel Bulliat s’est inquiété de la baisse du prix de vente particulièrement importante cette année. Vendu habituellement aux alentours de 2200 yen, soit 20 euros, le vin se vend actuellement entre 980 yen (7/8 €) et 1100/1200 yen. Soit 2 fois, voire 2 fois et demi moins cher que habituellement, note J. Bourjade.
Cette baisse traduit celle du coût du transport. En effet, transporté par avion, les bouteilles en PET allègent nettement la facture du fret aérien par rapport aux bouteilles en verre. Or les viticulteurs pensaient que cette baisse ne serait pas répercutée dans de telles proportions directement au consommateur car le prix de vente du Beaujolais Nouveau n’a jamais été un frein au Japon, explique J. Bourjade qui fait observer que cette baisse est d’autant mal perçue par les producteurs que cette année le millésime est considéré comme historique. “Cette baisse aurait dû profiter à tous les maillons de la chaîne, dit-il : aux viticulteurs pour qu’ils puissent retrouver un prix de revient plus favorable, alors qu’ils vendent en dessous de ce prix depuis quelques années, mais aussi au négociant et au distributeur; ce qui n’a donc pas été le cas ». Avec un prix de vente du Beaujolais Nouveau aussi bas, se pose au Japon, où il est considéré comme un produit de luxe, la question de sa valorisation et de son image de marque. Le conditionner en PET impacte le prix à la baisse, et c’est là que réside la problématique. Faut-il continuer à le conditionner dans des bouteilles en PET ? Pour Daniel Bulliat, la question se pose. A cette question, vient s’en greffer une autre d’ordre plus technique, indique J. Bourjade : la qualité du vin dans ce type de bouteille. Pour étendre la durée de vie du vin, les bouteilles ont été optimisées, passant de 2 à 3 couches. Les fabricants ont menés de gros efforts qualitatifs, reconnaît-il, “mais pour autant nous n’avons pas assez de recul sur le comportement du vin conditionné en PET, surtout que le Beaujolais est un vin à l’acidité naturelle plus élevée que les autres vins”. C’est donc dans ce contexte que l’Inter Beaujolais va se réunir prochainement. Il va parallèlement demander à la Sicarex, centre technique et de R&D du Beaujolais, de mener des évaluations sur les risques éventuels dans la durée. Des bouteilles vont être aussi rapatriées du Japon pour être analysées. D’autre part, Inter Beaujolais va engager des études de marché et consommateur au Japon mais aussi en France, pour mieux comprendre l’image du Beaujolais auprès du consommateur et sa perception entre bouteille en PET et bouteille en verre. Pour le moment, difficile de dire ce qu’il ressortira de la réunion de l’interprofession. “ La viticulture semble opposée au PET, le négoce est, lui, partagé” nous indique J. Bourjade. Reste que la décision qui sera prise ne sera, probablement, pas sans conséquence sur les autres marchés. Quand l’Inter Beaujolais a pris la décision d’interdire le bouchon aggloméré, tous les autres vignobles nous ont suivi” fait observer J. Bourjade.

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