Le carton ondulé ne cesse depuis 1992 de perdre des parts de marchés. Au niveau européen, en 20 ans, sur la période 1992/2012, les pertes en cumulé devraient atteindre 10 millions de tonnes. Texte Alternatif «Si nous ne faisons rien, a précisé Jean Marie Paultes, président de l’Ondef, c’est plus d’un million de tonne par an que le carton ondulé perdra à partir de 2014». D’où une forte volonté des instances françaises du secteur de reprendre la main. L’Ondef s’est donc fixé «un programme d’actions stratégiques ambitieux proposé par notre nouveau délégué général Isaure d’Archimbaud» a souligné JM Paultes. En premier lieu, l’Ondef va changer d’identité pour une meilleure lisibilité et mieux marquer ainsi sa reconnaissance. Il va également ouvrir sa structure à des membres sympathisants de la profession, les sociétés de biens et services, notamment les équipementiers et les fournisseurs de consommables (amidon, encres, colles...). Ce recrutement de nouveaux membres va aussi lui permettre d’élargir ses ressources pour mener à bien un certain nombre d’opérations, en particulier des études «pour nous donner des éléments factuels argumentés qui nous font défaut dans nos actions de lobbying et de communication» a estimé le président de l’Ondef. L’Ondef va ainsi entreprendre des études environnementales, avec notamment une modélisation de la chaîne logistique dans le domaine des fruits et légumes pour mieux évaluer le bilan environnemental du carton ondulé face au bac plastique. L’étude sera menée en partenariat avec Légumes de France. L’organisation professionnelle va également conduire des études macro-économiques, destinées à calculer l’impact sur l’économie française de l’industrie du carton ondulé. Elle se veut par ailleurs plus offensive pour faire reconnaître le matériau sur des marchés émergents comme le e.commerce ou sur des marchés plus matures où son potentiel réel n’est pas assez évalué comme celui-ci des palettes et le secteur du bâtiment. «Nous ne faisons pas suffisamment savoir que le carton ondulé est un matériau vertueux» a expliqué JM Paultes.

Le carton ondulé est produit à 81% à partir de fibres recyclées. C’est aussi le matériau dont le taux de recyclage atteint quasiment les 90%, un taux parmi les plus élevés en Europe, tous emballages confondus, argumente l’organisation professionnelle. Texte Alternatif Son empreinte carbone ne cesse de diminuer. Entre 2006 et 2009, elle a été réduite de 11,7% (source FEFCO-2009), et une tonne de carton ondulé émet durant tout son cycle de vie 784 kg équivalent C02. Des émissions 4 à 6 fois plus élevées dans le cas de l’aluminium et du plastique, affirme l’Ondef. Quant au grammage du carton ondulé, il s’est allégé de -9% entre 1998 et 2010. Au-delà des caractéristiques du matériau, l’Ondef entend également défendre le matériau en faisant valoir le poids économique d’une part et social d’autre part qu’il représente. Sous l’impulsion d’Yves Jégo avec l’Association Pro France pour développer le label made in France, l’Ondef va engager une réflexion sur l’élaboration de référentiels de qualité attachée sous la forme de labels, à certains des produits en carton ondulé. En termes d’emplois, le carton ondulé français génère 11 000 emplois directs répartis sur l’ensemble du territoire avec 75 sites, sans compter les emplois indirects, 1 emploi de l’industrie du carton ondulé générant 5 emplois indirects, assure l’Ondef. Un poids sur lequel la profession entend bien peser auprès des pouvoirs publics et les élus locaux et régionaux. Les contributions fiscales des entreprises de l’ondulé au niveau des circonscriptions ne devraient pas les laisser non plus insensibles, estiment les dirigeants de l’organisme professionnel. Un certain nombre de débats sont d’ores et déjà envisagés dès le mois de juin avec les élus parlementaires. Reste que ce programme s’inscrit dans un contexte économique difficile. Si le CA 2010 du carton ondulé français qui s’établit à 2,6 Mds enregistre une progression de 6,8% par rapport à l’année de crise de 2009, il n’a pas retrouvé le niveau de 2007, a souligné le président de l’Ondef. Il marque même un recul de 10%, a-t-il noté. Idem en termes de volumes de livraison qui, s’ils ont progressé par rapport à 2009, n’ont pas rattrapé ceux de 2007. En 2010, le tonnage s’est élevé à 2 877 862 tonnes vs 3 112 350 t en 2007. En m2, il a atteint 5 405 055 vs 5 766 944 en 2007, marquant toutefois une stabilité en nombre d’emballages du fait de la tendance à la poursuite de l’allègement du grammage du matériau.

Texte Alternatif Autre ombre au tableau : le cycle haussier des matières premières qui se poursuit depuis septembre 2009. Si la profession a toujours vécu des cycles haussiers, ceux–ci avaient tendance à se raccourcir, or celui-ci perdure, a observé JM Paultes. Et le coût des matières premières devrait se maintenir à un niveau élevé ce qui pèse sur le prix du ppo - papier pour ondulé à +59% sur une base 100 en 2005.
Texte Alternatif «Nous sommes à un niveau jamais atteint» a déclaré le président de l’Ondef qui s’est dit inquiet pour l’avenir.

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