D'après une étude conduite par la société d'audit KPMG et l'Institut de recherche commerciale de Cologne, le marché allemand des produits cosmétiques naturels devrait croître de 7% par an d'ici 2020, ce qui représente davantage que tout autre secteur de la filière cosmétique.

P. Wippermann pense que le développement durable va prendre de plus en plus d'importance aux yeux des entreprises et que celles-ci ont tenté de réduire leurs coûts en renonçant à certaines matières et en combinant d'autres. Le chercheur en tendances prend l'exemple de Gillette, qui utilise pour ses emballages secondaires de la cellulose malléable gagnée à partir de fibres de bambou et de roseau renouvelables.

Texte AlternatifD'autres entreprises suivent cette évolution. Le spécialiste de l'emballage Carl Edelmann a, par exemple, mis au point une boîte pliante composée à 80% d'une matière recyclée et imprimée avec des encres dépourvues d'huiles. En procédant ainsi, la quantité de dioxyde de carbone produite baisse de 76 ‰ par comparaison à celle des emballages conventionnels, avance Carl Edelmann. Avec ce packaging, les entreprises de cosmétiques peuvent donc réduire sensiblement leurs émissions de gaz à effet de serre.

Autre démarche : les emballages dont le contenu est complètement délivré grâce à des propriétés de matériaux. En effet, les emballages sont jetés alors qu'ils contiennent encore en partie de grandes quantités de produits. Les chercheurs de l'université technique de Munich ont, par exemple, développé des emballages à effet lotus. Sur leur surface particulièrement hydrofuge, le contenu cosmétique adhère moins bien et l'emballage peut être vidé plus facilement. Les tubes légèrement malléables et squeezables, dont le contenu s'extrait plus facilement, constituent une autre solution.

Texte AlternatifAfin que des ressources et des coûts puissent être économisés lors de la production des emballages et du conditionnement, des groupes comme Beiersdorf posent des exigences élevées aux technologies de conditionnement et d'emballage. «La tendance va vers des machines d'emballage toujours plus rapides et plus fiables. Elles permettent aux entreprises de réduire leur empreinte écologique et d'économiser également des coûts» explique l'expert en production Oliver Bernd de l'Institut allemand de l'emballage à Berlin.

Même préoccupation pour le groupe de cosmétiques L'Oréal qui, pour optimiser les opérations de remplissage sur sa chaîne de produits de maquillage, a investi dans la nouvelle technique de production de Bosch Packaging, entre autres, la remplisseuse à pistons de la série FLK 8000 CIP plus. Texte AlternatifCes machines sont principalement utilisées pour le conditionnement de produits fluides, visqueux et pâteux.

Autre avantage de la FLK : le nettoyage, ledit process Clean-In-Place (CIP), est reproductible et peut donc être répété autant de fois que nécessaire sans perdre en efficacité. L'Oréal utilisait auparavant des opérations de nettoyage manuelles. La nouvelle ligne de Bosch utilise trois réservoirs différents de sorte que deux d’entre eux sont en activité tandis que le troisième est nettoyé. De cette manière, les temps d'arrêt sont éliminés et le rendement est accru.

La société Norden Machinery (groupe italien Coesia) et spécialiste des machines de conditionnement en tubes a mis au point un système d'inspection qui détecte en ligne à 100% les tubes en plastique et laminés présentant des défauts et des fuites. La machine les éjecte automatiquement de la production et sans interruption. La vitesse des process reste ainsi élevée et aucun rebut ne vient réduire la production, ce qui économise des coûts. Le produit est conditionné dans les tubes avec un gaz de marquage, de l'hydrogène inoffensif, puis les tubes sont fermés. Ils sont ensuite légèrement comprimés sur les côtés. Le moindre échappement de gaz est immédiatement détecté par un capteur d'hydrogène, le cœur du système de test, et le tube défectueux est éjecté de la production.

Des innovations comme celle-ci font que les emballages de haute qualité ne sont pas remis en question pour des questions de prix d'énergie et de hausses de matières premières, notent les experts du secteur.

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