Pour éviter tout risque d’intoxication alimentaire, les industriels prennent de larges marges en ce qui concerne ces dates ; alors qu’il est prouvé qu’un yaourt est comestible trois semaines après la date de péremption indiquée sur son emballage. Des solutions existent et qui passent notamment par un changement de couleur.

C’est ainsi qu’un groupe de chercheurs - sous la houlette d’Ana Maria Zetty Arenas, ingénieure agro-industrielle au laboratoire d’Ingénierie des Aliments de l’Ecole Polytechnique à l’Université de Sao Paulo (USP) au Brésil dirigée par Carmem Tadini -, a mis au point un emballage alimentaire biodégradable capable de changer de couleur lorsque le produit commence à se détériorer.

L’idée a été de faire de l’emballage un témoin pour le consommateur en utilisant une palette de couleurs pour traduire la détérioration du produit qui se caractérise par une variation du pH de celui-ci.
Ce processus est basé sur un pigment appelé anthocyane présent dans l’emballage, et fait à partir de fécule de manioc. Cette substance altère sa couleur quand il y a un changement de pH du produit.

Lors de la mise sous vide d’un produit, le pH de celui-ci a un caractère plutôt acide suivant le type de produit et va augmenter jusqu’à devenir basique lorsque le produit peut être considéré comme impropre à la consommation. En prenant l’exemple d’un poisson, l’emballage passe de la couleur rouge vive au départ pour devenir gris foncé sous l’influence des molécules qui sont à l’origine du changement de pH du produit.
Cet emballage a déjà passé des tests en laboratoires, mais selon l’équipe de recherche, il n’est pas encore possible de l’industrialiser. Il doit pour cela subir d’autres tests pilotes. «C’est nécessaire vu que la production d’emballages se fait en grands volumes» conclut la responsable du projet Carmem Tadini.

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