Malgré un ralentissement dans la progression de son chiffre d’affaires en 2013, l’agroalimentaire (13 500  entreprises dont 96% de TPE et PME), premier secteur industriel en France, affiche une progression en valeur de 0,6% par rapport à + 2,3 % en 2012. En volume, (hors effet prix) la production enregistre une baisse de 2.2%.

Du jamais vu, a expliqué Jean Philippe Girard, président de l’Ania lors de la présentation des résultats 2013 du secteur. Une production industrielle qui recule depuis fin 2012, mais qui résiste et soutient l’économie avec un maintien de l’export et hausse des importations. Les performances commerciales à l’international sont très hétérogènes, mais l’industrie agroalimentaire française est un pilier du commerce extérieur de la France, a rappelé le président de l’Ania.

A l’international, elle affiche un solde extérieur positif de 8.5 milliards d’euros (deuxième après l’aéronautique), mais accuse un recul de 7% par rapport à 2012 du fait de la stabilisation des exportations et de la hausse des importations.

Si l’industrie alimentaire n’est pas inébranlable, elle est cependant menacée, selon l’Ania, par :
- en amont, la volatilité des coûts des matières premières qui génère une volatilité des coûts de production et donc une pression importante sur la trésorerie des entreprises ;
- en aval, la pression forte que lui impose la grande distribution pour financer sa «guerre des prix», dans un contexte économique déjà difficile.

«La guerre des prix pèse lourdement sur la santé économique de nos entreprises, leur capacité d’investissement, leur compétitivité, et donc in fine sur l’emploi. Notre secteur envisage une hausse de 5 à 7% de ses investissements pour 2014 et 90000 recrutements d’ici 2017 aux conditions que la croissance reprenne et que les menaces de nouvelles taxes s’estompent. Nous attendons du Pacte de responsabilité des conditions favorables à la croissance de nos entreprises et à la réalisation du plein potentiel de l’industrie alimentaire. Nous avons déjà recensé près de 1 000 emplois sous tension au premier trimestre 2014, il y a urgence!» a déclaré Jean-Philippe Girard, Président de l’ANIA.

Texte Alternatif

Une consommation volume orientée à la baisse sur tous les circuits et qui n’épargne aucun rayon ; une aggravation des contre-performances du hard discount, des progressions essentiellement mécaniques du Drive .... Des hypermarchés et supermarchés ont terminé l’année légèrement en positifs sur les PGC, et la guerre des prix s‘est traduit par une quasi-stabilité et même une déflation sur les marchés nationaux sur les derniers mois de 2013.
En 2013, on a aussi observé une assez forte valorisation des achats en hyper marché et super marché ainsi qu’une tendance à la baisse des conditionnements moyens d’achat en hypermarchés et supermarchés et un renforcement significatif de l’offre en magasin dont bénéficient pleinement les marques. Par ailleurs, on a noté également une perte historique des parts de marché des MDD avec une forte baisse de régime en décembre ainsi que des produits festifs en recul, selon l’Ania.

Emploi. Si l’industrie agroalimentaire reste toujours le premier employeur industriel c’est une situation de fragilité qui est observée avec un peu moins de 5000 emplois détruits en 2013, et 316 défaillances d’entreprises (+6,5% vs 2012 – le seuil acceptable est de 200/an) enregistrées. Cependant, l’industrie alimentaire résiste par rapport aux autres industries, fait remarquer l’Ania.

Les perspectives 2014. Les signes d’une timide reprise se font sentir, mais la croissance reste moins dynamique qu’en Allemagne malgré une reprise des investissements anticipée dès janvier 2014. Il est prévu des investissements d’environ +7% en 2014 pour moderniser les outils de production dans tous les métiers.

Les engagements du Pacte emploi. Intégrer dans les entreprises 150000 jeunes en alternance, créer 90000 emplois (remplacement et nouveau confondus) et assurer 5000 formations aux savoirs fondamentaux, tels sont les objectifs avancés par l’Ania. Dans le cadre de la formation en alternance, l’Ania souhaite engager les jeunes dans le secteur de l’innovation qui, d’après elle, sera source de développement de l’industrie et notamment par le biais de l’emballage –le froid, les protéines fermentées et l’alimentation connectée –allergie, babyfood, senior food…. Avec toujours plus de contrôle de sécurité alimentaire pour les consommateurs.
L’innovation process est très importante, mais il faut innover sans trop de contrainte réglementaire estime l’Ania qui a indiqué que dans le secteur de charcuterie, par exemple, ce domaine déclarait une centaine d’innovations par an.

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