Tout le monde s’accorde à reconnaître l’incidence durable de l’internet sur nos habitudes de consommation, nos comportements d’achat, et notre mode de vie en général. L’achat en ligne est définitivement entré dans les mœurs, et pas seulement chez la jeune génération. Du coup l’offre se diversifie, les sites d’achat se multiplient. La personnalisation en ligne, d’abord un atout, tend déjà à se standardiser. Une fois sa commande passée, l’acheteur en ligne attend une livraison rapide, voire quasi immédiate. L’univers de la logistique et du transport a saisi très vite l’enjeu de ce modèle économique et s’adapte depuis en permanence à l’évolution des besoins. Dans la foulée, le secteur manufacturier intègre la nouvelle donne et son fort potentiel de développement. Pour réussir il faut pouvoir fabriquer en série des éléments individualisés dans un délai court. L’emballage, étape charnière entre les processus productifs et logistiques, se retrouve éminemment concerné par cette double mutation.

Le mouvement qui s’amorce dans l’industrie est d’envergure mondiale. En témoignent les diverses appellations qui traduisent chacune un point de vue particulier du phénomène : usine du futur, industrie 4.0, smart factory et d’autres. Pourtant cette prise de conscience générale ne suffit pas. Trop souvent on temporise : «l’usine du futur, il sera encore temps de s’en préoccuper demain… lorsque les technologies auront évolué et que la conjoncture sera durablement rétablie, et que…, et que…». Procrastination funeste.
Et si cet attentisme exprimait tout simplement un manque de confiance dans la capacité à entreprendre. Ça-y-est, le mot est lâché : ENTREPRENDRE ! Car c’est bien de cela qu’il s’agit avant tout dans cette démarche. Entreprendre c’est vouloir considérer le futur comme un territoire valant la peine d’être conquis. C’est aussi vouloir questionner en permanence son modèle de fonctionnement établi pour identifier les pistes de progrès. Et enfin, c’est vouloir conduire et assumer le changement. En somme, se comporter en véritable entrepreneur, à tous les niveaux de l’entreprise. Pour s’engager sur cette voie, «l’entrepreneur» saura faire appel à des méthodes d’organisation éprouvées. Mis en œuvre avec perspicacité et bon sens, les principes de la démarche «lean» constituent un excellent outil de redéfinition des processus. Cette étape initiale sera l’occasion de mobiliser les équipes autour de ce défi nécessaire, en bénéficiant de la richesse de leur expertise et de leur expérience collective.

Pour ce qui est des technologies de l’usine du futur, les principales briques matérielles ou logicielles existent déjà : automatismes, capteurs, Cfao, Plm, Gmao, Erp, Big Data. Elles serviront efficacement les nouveaux concepts de production, innovants, adaptatifs, assurant notamment une meilleure productivité des énergies et des matières premières. Savoir produire plus à consommation égale, et autant à consommation moindre : tous les processus doivent impérativement gagner en flexibilité. Les choix technologiques seront déterminés par la configuration des nouveaux processus. L’innovation sera fonction du degré de rupture voulu. La R&D s’en trouvera stimulée. Car tout porte à croire que nous sommes au début d’un chemin au tracé évolutif, voire disruptif à bien des égards. L’entreprise doit s’approprier cette nouvelle logique et élaborer une stratégie qui lui est propre si elle veut profiter pleinement des nouvelles opportunités de performance, de compétitivité et de développement. Pour réussir, elle ne cherchera pas «L’Usine du Futur», mais construira «son usine du futur». Une usine dans laquelle l’humain saura tenir une place déterminante avec des métiers qui évolueront vers de nouvelles compétences.
Alors, au-delà des mots, «osons l’usine du futur !»

Extrait de la revue n° 602 - Octobre 2015. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support