Depuis fin octobre, quatre Ateliers organisés dans le cadre de la Feuille de Route et qui regroupent les différentes parties prenantes dont l’emballage ont pour mission d’élaborer des propositions pour répondre aux objectifs fixés par le Président de la République.

Si tous intéressent de près ou de loin l’emballage, c’est l’Atelier n°2 «Plastique et économie circulaire - viser le recyclage de 100% des plastiques en 2025» et l’Atelier n°3 «Consommation et production durables» qui focalisent davantage l’attention de l’industrie du packaging.

La Feuille de route - Economie circulaire présentée dans le cadre du Plan climat de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a pour ambition d’ici 2025 de « diminuer de moitié la mise en décharge, et de recycler 100% du plastique ». Cette Feuille de route doit être considérée dans le prolongement de la Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015 qui prévoit de réduire de 50% la quantité des déchets mis en décharge à l’horizon 2025.
Dans un contexte où le taux de recyclage des plastiques (tous secteurs confondus) est de 20% à 25% en France, de 56% pour les bouteilles et flacons et de 3% pour le reste des emballages plastiques, les enjeux sont importants.

Parmi ceux définis par ces Ateliers, quatre pourraient entraîner une évolution significative pour les emballages.

• Le premier concerne l’incorporation de matière recyclée dans les emballages mis sur le marché. Plusieurs questions se posent : faut-il fixer un pourcentage ? Ce pourcentage d’incorporation devra-t-il être volontaire ou réglementaire ? Si dans un premier temps, il devrait viser l’emballage primaire, l’emballage secondaire pourrait être aussi concerné dans un futur proche. Autre question qui se pose : ce pourcentage prendra-t-il en compte uniquement que le plastique recyclé issu du recyclage des emballages ménagers ou également le plastique recyclé issu du recyclage interne des rebuts d’usine ?
Pour Elipso, il est essentiel que le recyclé soit issu de déchet post-consommateurs pour permettre d’actionner la boucle du recyclage et développer le marché des matières recyclées post-consommateur.
Participant à l’élaboration de cette Feuille de route, Elipso propose, pour sa part, l’engagement volontaire pour les emballages primaires ou secondaires. «Imposer un pourcentage de matière recyclé est risqué» remarque Emmanuel Guichard, délégué général de l’organisation professionnelle des entreprises de l’emballage plastique et souple, pour différentes raisons dont la disponibilité de la matière première secondaire et une réticence du consommateur à accepter des emballages alimentaires recyclés pour certains produits alimentaires dont notamment ceux destinés aux bébés et jeunes enfants. Dans certains secteurs comme les emballages pour le transport des matières dangereuse (UN), l’utilisation de recyclée est même interdite.

• Le deuxième enjeu vise la taxe sur les emballages à usage unique. Une telle mesure pourrait concerner tous les emballages, quel que soit leur matériau : une bouteille de vin, une canette… Ce qui veut dire - a contrario - qu’elle favoriserait la réutilisation. Cette proposition soulève également une problématique. Selon Elipso, la réutilisation d’emballages en plastique pourrait entraîner une augmentation de la production des emballages souples (poches), souvent produits à partir de complexes qui posent précisément problème en termes de recyclage.

• Troisième enjeu : la mise en place de la consigne. Celle-ci concerne tous les matériaux d’emballages (verre, plastique, métal, bois). Deux types de consignes sont envisagées : une avec l’objectif de favoriser le recyclage et une pour accroître la réutilisation.

• Dernier enjeu : l’éco-modulation. Cet «outil» doit permettre d’encourager l’éco-conception dans les filières REP.

La France pourrait s’aligner sur les décisions européennes. Si un premier projet basé sur les propositions des Ateliers ainsi que les contributions écrites et la consultation publique est attendu pour le 15 janvier, le projet final pourrait tenir compte de ce qui sera fixé au niveau européen et notamment le document européen très attendu et annoncé récemment pour le 16 janvier par Aurore Maillet, membre du Cabinet du Commissaire européenne de l’environnement «Stratégie plastique» (ebonus du 19 décembre).

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