Parce que la collecte des emballages n’est pas suffisante, il faut tenter autre chose et aller plus loin. C’est en substance l’argumentation que met en avant le Ministère pour expliquer cette expérimentation sur la consigne. Celle-ci est clairement «le levier le plus massif» selon le ministère de la Transition écologie et solidaire, pour atteindre l’objectif fixé par ce gouvernement – 100% des plastiques recyclés d’ici 2025. D’où la nécessité de «changer de braquet».

Divers facteurs pèsent en faveur de cette expérimentation, selon le Ministère. La consigne a été mise en avant au cours des nombreux débats des Ateliers de la Feuille de Route (lancée le 30 octobre dernier) qui a réuni entreprises, associations, collectivités, élus, et de la consultation publique en ligne (30 octobre-6 décembre 1017).

Autre argument avancé par le Ministère : les bons résultats obtenus dans les pays européens (dix) où la consigne est appliquée (voir le bonus ci-dessous). Elle concerne entre 130 et 140 millions d’européens. Et le montant de la consigne s’échelonne entre 8 et 25 centimes d’euros selon les pays et les emballages concernés.

Si le taux de recyclage des bouteilles en plastique atteint 60% en France, sur certaines zones, notamment urbaines, le taux de collecte ne dépasse pas les 10%. Le taux de recyclage des emballages ménagers en plastiques est de 25% (Ademe).

Quant au taux de recyclage des canettes (acier et métal confondus), il est de 60%, indique le ministère. En France, 3 boîtes sur 4 sont recyclées, selon BCME-Boite boisson qui rapporte des chiffres de juin 2015 – source Ademe. En 2013, le total de canettes consommées en France était évalué à 5 milliards. Le hors foyer représentant 27%.

Mais ce n’est qu’à l’issue d’une ième consultation - dialogue-concertation de toutes les parties prenantes que les modalités seront précisées, insiste le Ministère. Certaines grandes lignes ont été dessinées, tout en répétant au cours du point presse que «tout était sur la table». La Feuille de route Economie circulaire explore donc toutes les pistes, «pour une nouvelle génération de consigne».

Texte Alternatif

Cette expérimentation pose de nombreux questions pour atteindre l’objectif en 2025 : enjeux réglementaires, responsabilité des différents acteurs (grande distribution, metteurs en marché, collecteurs, recycleurs…), fonctionnement même de la collecte. Comme le souligne le Ministère : «c’est forcément pas simple» mais cela va permettre de «faire jouer les grands acteurs ensemble».

A priori les appels à projets pourraient être lancés d’ici six mois et si les résultats sont positifs, un déploiement sur deux ans semble être un délai raisonnable pour installer le dispositif sur tous les territoires où cela est pertinent, estime le Ministère. Un temps nécessaire aussi pour qu'une filière française innovante «de machines de déconsignations puisse être développée par les entreprises françaises».

L’expérimentation pourrait porter sur 2/3 grandes métropoles (Paris, Marseille…). Concernera-t-elle toutes les bouteilles y compris celles de consommation hors foyer (snacking…) ou seulement le hors foyer ? Un marquage sera probablement apposé sur les emballages.

Autre question non négligeable : les Français vont-ils adopter la consigne ou préférer diminuer leur consommation de boisson ? Voir passer à l’eau du robinet ? Sur ce chapitre, beaucoup d’interrogations qui ne seront pas sans conséquence sur l’économie de ce secteur ?

Pour connaitre en détail les modalités et le calendrier, il faudra attendre la publication de la Feuille de route Economie circulaire… fin mars. A plusieurs reprises, le Ministère a rappelé que derrière la collecte et le recyclage, il y avait le réemploi.

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