L’Engagement Mondial de la Nouvelle Economie des Plastiques en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) se dĂ©cline en six points autour de trois objectifs :
• Éliminer : tous les emballages plastiques problĂ©matiques ou inutiles, et passer des emballages Ă  usage unique Ă  des solutions rĂ©utilisables ;
• Innover : afin que 100% des emballages plastiques puissent ĂŞtre rĂ©utilisĂ©s, recyclĂ©s ou compostĂ©s d’ici 2025, facilement et sans danger ;
• Circuler : afin d’augmenter de manière significative la part de plastiques rĂ©utilisĂ©s et recyclĂ©s dans de nouveaux emballages ou produits.

Des objectifs réévalués tous les 18 mois (…). Et «par souci de transparence», les signataires s’engagent à publier tous les ans les résultats obtenus autour des objectifs pris.

En Europe, la Commission s’est félicitée du vote du Parlement (1) de la proposition de directive sur les produits en plastique, et notamment les SUP qui constituent 70% des déchets marins. Une directive qui vise l’interdiction et la réduction de certains emballages et certains plastiques. L’adoption définitive du texte, qui devrait intervenir fin décembre, permettra de dresser les impacts réels sur l’économie française et européenne de la filière.

Tout comme ceux qu’aura la décision du Conseil constitutionnel qui doit, début novembre, se prononcer sur la constitutionnalité des 3 amendements de la loi EGALIM qui concernent là aussi des emballages (couverts…, emballages et bouteilles d’eau dans les cantines…). Selon des experts, de nombreux points de non-constitutionalité ont été enregistrés lors de l’adoption finale du projet de loi (2).

Il est clair aussi que les attentes des consommateurs pour interdire ou limiter les plastiques sont grandes. Pour 86% des Français, il est important d’acheter des produits alimentaires avec moins d'emballage et de sur-emballage, et pour 81% de les acheter avec des emballages biodégradables. Selon l’étude internationale Food360™ réalisée par Kantar TNS France dans le cadre de son partenariat avec le SIAL. L’extension de la tarification incitative appliquée aux poubelles des déchets ménagères devrait favoriser ce type d’achats.

Les professionnels de la filière vont avoir du tri à faire dans leurs stratégies. On peut faire confiance à leur R&D pour trouver des contenants optimums mais des choix seront à faire côté matériau, en sécurisant les appro.

Faire du tout recyclĂ© et/ou du bio-sourcĂ© ? Sur les matières utilisĂ©es pour fabriquer les 2,2 millions de tonnes d’emballages plastiques, 12% sont d’origine recyclĂ©e et 2% d’origine biosourcĂ©e (3).

Faire du tout recyclable en s’assurant que chaque matĂ©riau dispose bien de sa filière de recyclage ? La demande du PET foncĂ© et des films s’est Ă©croulĂ©e en fin d’annĂ©e 2017, alors que la part du PET augmente lĂ©gèrement (de 31 Ă  35 %), selon Federec (4).

Ou engager des partenariats avec le carton ? A l’instar du groupe Guillin. Le «leader europĂ©en dans la fabrication et la commercialisation d'emballages plastique thermoformé» est entrĂ© en nĂ©gociation exclusive avec la sociĂ©tĂ© Thiolat (2 sites de production en France et en Roumanie) qui fabrique des emballages alimentaires en carton et des sacs en papier. «Soucieux de toujours offrir Ă  ses clients la plus large gamme du marché», le groupe veut, par cette acquisition (5), «renforcer son positionnement stratĂ©gique et conforter toujours plus son expertise des solutions d’emballage alimentaire».

(1) ebonus du 25 octobre/www.emballage digest.com. Directive on the reduction of the impact of certain plastic products on the environment (2) ebonus du 5 oct. A l’heure où nous écrivons cet édito, le Conseil constitutionnel, saisi par une soixantaine de sénateurs, n’a pas encore rendu son avis (3) Elipso-oct 2018 (4) Le marché du recyclage en 2017-Plastiques (5) Transaction au plus tard fin janvier 2019.

Extrait de la revue n° 632 - Octobre 2018. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support