Texte AlternatifSi sa conception mĂ©canique comme informatique n’est pas plus complexe qu’une autre machine d’emballage, la blistĂ©reuse, parce qu’elle accomplit une tâche essentielle du process de packaging de l’industrie pharmaceutique - la mise sous coque plastique de gĂ©lules, comprimĂ©s et autres mĂ©dicaments par le procĂ©dĂ© du thermoformage ou du scellage - fait l’objet de la plus grande attention de la part des clients. Ces derniers surveillent notamment comme le lait sur le feu la data tirĂ©e du process de production, data qui s’est fortement dĂ©veloppĂ©e depuis l’automatisation partielle des blistĂ©reuses. On est alors dans l’analyse de l’efficacitĂ©, qui se traduit par le TRS (taux de rendement synthĂ©tique) ou OEE (Overall Equipment Efficiency). Cet indicateur se dĂ©compose en trois Ă©lĂ©ments. Tout d’abord le taux disponibilitĂ© de la machine, c’est-Ă -dire le temps d’ouverture durant lequel elle est prĂŞte Ă  la production, et non Ă  l’arrĂŞt en raison d’une panne, d’une alarme, d’un changement de format ou d’un vide de ligne. Il y a ensuite le taux performance, qui porte sur la vitesse, la cadence, le nombre de blisters Ă©jectĂ©s. Enfin il y a la qualitĂ© que peut dĂ©livrer de l’équipement. Pour Michel Daunes, directeur gĂ©nĂ©ral de Romaco France, filiale du fabricant allemand de machines destinĂ©es Ă  l’industrie pharmaceutique, «il y a eu une importante Ă©volution sur les dernières annĂ©es en ce qui concerne le TRS. Ainsi, une blistĂ©reuse est dĂ©sormais capable de signaler tous les arrĂŞts et de les renseigner. Avant, on faisait repartir la machine sans toujours analyser les causes de l’arrĂŞt». Une Ă©volution que confirme Andrea Vaccari, le dirigeant de la division "Production de blistĂ©reuses" du groupe italien Marchesini : «la diffĂ©rence depuis que des PC ont Ă©tĂ© installĂ©s sur les machines est que celles-ci peuvent faire la mĂ©morisation de 100% de qui s’est passĂ© durant leur fonctionnement. On sait par exemple ce qu’à fait l’opĂ©rateur, qui est intervenu sur l’équipement... Tout cela nous permet d’identifier le problème». Reste Ă  savoir comment utiliser toutes cette data. «La machine blister retraite toutes ces donnĂ©es de production pour pouvoir sortir en fin de lot des analyses sous forme de diagrammes en cascade ou du type de Sankey. Les premiers portent sur le temps d’ouverture et d’arrĂŞt de la machine. Les deuxièmes sont des statistiques sur le flux de production, l’identification des bons et des mauvais produits. Nous avons des analyses sur les causes des arrĂŞts et leur ventilation. A partir de ces donnĂ©es, l’équipe de production ou d’amĂ©lioration continue du client va mettre en place un plan d’actions. On se rend alors compte que les problèmes ne sont pas forcĂ©ment liĂ©s Ă  la machine elle-mĂŞme. Ils peuvent venir du process en amont (qualitĂ© des produits Ă  conditionner), de la partie article de conditionnement comme le film fournisseur de PVC ou d’aluminium, aux opĂ©rateurs eux-mĂŞmes s’ils n’ont pas la formation nĂ©cessaire…».

Extrait de la revue n° 637 - Avril 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support