Texte AlternatifPour limiter les emballages tout en offrant une protection élevée, les fournisseurs ont la possibilité de combiner des matériaux. «Cela permet certes de réduire les épaisseurs, mais en associant différentes matières, le film est alors considéré comme non recyclable. Or, depuis un an et demi, le marché tend vers plus de recyclabilité. Et être recyclable, c’est souvent être mono-matière. La définition d’un mono-matériau n’est pas encore figée, nous essayons donc de développer des films rentrant dans le cadre - avec la contrainte d’obtenir les mêmes performances que celles des matériaux classiques», analyse Antoine Cassel, directeur R&D Sud Europe du groupe Wipak.

La sociĂ©tĂ© propose, entre autres, des films flexibles 100% polyolĂ©fine, mĂ©lange de PE et PP vierges. Une marque suĂ©doise a, par exemple, choisi de remplacer ses sachets Ă  fond semi-rigide par un sachet refermable Ă  base de film polyolĂ©fine. RĂ©sultat : une Ă©conomie de 30 tonnes de plastique par an. «Nous avons Ă©galement mis sur le marchĂ© une gamme de films en mono-PP vierge - baptisĂ©e BIAXOP XX XPP - pour fabriquer des emballages flexibles en extrusion. Son atout : il s’utilise dans les mĂŞmes conditions qu’un film avec un scellant PE. En effet, le PP nĂ©cessite une tempĂ©rature de scellage plus importante, alors que ce n’est pas le cas avec ce film : grâce Ă  une formulation spĂ©cifique, il se comporte au scellage comme un PE. Pour la barrière, on intègre un EVOH, considĂ©rĂ© comme non perturbateur s’il est prĂ©sent en petite quantitĂ©. Il rĂ©pond ainsi Ă  diffĂ©rents marchĂ©s : produits frais, secs, humides… Et il est recyclable dans la filière PP, quand il y en a une», dĂ©taille Antoine Cassel.

«Toutes ces gammes de films sont plus techniques, plus compliquées… et donc plus chères. Mais nous notons une grande attente du marché. Beaucoup de tests sont réalisés par les clients, et ils sont souvent positifs», ajoute-t-il. Wipak étudie par ailleurs d’autres axes, comme les matières bio-sourcées, biodégradables, ou encore l’utilisation de matériaux recyclés.

«Dans l’industrie de l’emballage alimentaire souple - on parle alors de films d’épaisseur allant de 30 à 250 microns - il n’existe pas encore de filière de recyclage permettant l’utilisation de résines recyclées dans ce même secteur. Nous devons donc utiliser des résines d’origine fossile ou renouvelable», remarque Yann Le Gall, directeur commercial de Bemis France et Italie.

Extrait de la revue n° 638 - Mai 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support