Pour venir titiller son éternel concurrent Coca-Cola et sa marque Innocent, le groupe PepsiCo a suscité une levée de boucliers en commercialisant son jus Tropicana en bouteilles plastiques au moins de juin. Même si son directeur général, Bruno Thévenin, s’est défendu en précisant qu’il s’agissait d’une gamme complémentaire aux briques en carton. Et que ces bouteilles recyclables contenaient 50% de rPET. Le mal était déjà fait. L’image ternie. Appel au boycott sur les réseaux sociaux et pétition en ligne anti-Tropicana ont fait le tour du net en quelques jours. Portés par les mêmes consommateurs, qui auraient réclamé - selon PepsiCo dans une étude pré-marché - des jus dans des contenants transparents, afin de mieux voir le produit. Paradoxal, non ?

La pĂ©tition stop plastique Tropicana a ainsi rĂ©uni plus de 48 000 signatures. Son auteur, Dimitri Carbonnelle, rĂ©clame le dĂ©ploiement par PepsiCo de la consigne mais Ă  partir de verre ou plastique biosourcĂ© et biodĂ©gradable, sans jamais parler de recyclabilitĂ©. Et ne souhaite pas pour autant le retour au carton, difficile Ă  recycler en raison de sa composition en aluminium. Conclusion : un grand capharnaĂĽm !

Si la prise de conscience Ă©cologique est dĂ©sormais intĂ©grĂ©e, la sociĂ©tĂ© civile ne semble pas encore savoir quels compromis elle est prĂŞte Ă  faire, ni mĂŞme quelles sont les meilleures solutions alternatives. Le constat prĂŞterait presque Ă  sourire, si ce n’était pas aussi le cas des marques de grande consommation. CITEO le rappelait en marge d’une confĂ©rence « face Ă  un discours devenu inaudible et souvent contradictoire, et le foisonnement de solutions alternatives, les industriels doivent prendre du recul et rĂ©flĂ©chir Ă  la voie qu’ils souhaitent dessiner pour leurs produits ». Un conseil plein de sagesse difficile Ă  suivre, alors mĂŞme que pouvoirs publics et fĂ©dĂ©rations professionnelles affichent ouvertement leur dĂ©saccord. La FEDEREC* n’a pas hĂ©sitĂ© rĂ©cemment Ă  clouer au pilori le principe de consigne annoncĂ©e par la secrĂ©taire d’Etat, Brune Poirson. Le chemin de la consommation « verte », raisonnĂ©e et apaisĂ©e se dessine comme long et fastidieux.

*e-Bonus du 25/06.

Extrait de la revue n° 639 - Juin 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support