Texte AlternatifDans le but de proposer des sachets plus «vertueux» sur le plan environnemental, les fournisseurs adoptent des approches diverses et complĂ©mentaires tant sur les process de production que sur les emballages eux-mĂŞmes. «Economiser les ressources – l’eau par exemple en amĂ©liorant les procĂ©dures de nettoyage, ou l’énergie en mettant les machines Ă  l’arrĂŞt – reprĂ©sente un investissement important en personnel et en moyens techniques. Concernant la conception des sachets, nous travaillons sur les Ă©paisseurs, les poids des matĂ©riaux et leur structure. Bien souvent, les sachets sont fabriquĂ©s en bi ou tri-matĂ©riaux : il s’agit alors de complexes non recyclables, Ă  moins de passer par une filière capable de sĂ©parer et de trier chaque couche ! Actuellement, il n’existe pas en France de filière de retraitement des sachets. En Allemagne, elle en est au stade pilote. Mais tout cela va devoir se mettre en place. Aujourd’hui, nous nous orientons vers l’utilisation de familles de matĂ©riaux montrant des similaritĂ©s entre eux, comme les PE et les PP», explique JĂ©rĂ©mie CrĂ©mière, attachĂ© commercial pour Elidose.

Le choix des matĂ©riaux dĂ©pend du produit emballĂ©. «S’il s’agit d’aliments non sensibles, l’usage du PE ou du PP est indiquĂ©. Mais si c’est un produit sensible, comme un liquide, les faibles barrières du PP ou du PE peuvent poser problème. Dans le cas d’un sirop conditionnĂ© en sachet, l’eau peut s’évaporer. Jusqu’à rĂ©cemment, il n’existait pas d’autres choix que d’ajouter une barrière composĂ©e d’aluminium. «Aujourd’hui, nous pouvons proposer une alternative avec du plastique mĂ©tallisĂ© : une couche d’aluminium, beaucoup plus fine qu’une feuille d’aluminium, est dĂ©posĂ©e sur un complexe en polymère. Cela reprĂ©sente un gain significatif en coĂ»t Ă©nergĂ©tique et en consommation d’eau. Nous sommes en phase de tests pour qualifier ce nouveau complexe alimentaire, bien adaptĂ© Ă  des DLC moyennes Ă  longues. Cette solution allĂ©gĂ©e prĂ©sente toutefois un risque de dĂ©formation du sachet, avec des soudures qui gondolent. Cela dit, c’est peu visible», indique JĂ©rĂ©mie CrĂ©mière.

Elidose qualifie également un matériau 100% PP, et donc recyclable à terme, pour un client, avec un niveau de barrière acceptable par rapport à la DLC du produit. «Ce type de sachet est moins simple à fabriquer. Nous soudons les matériaux, or le PP fond à une certaine température. Pour rester dans la plage de température autorisée par le PP, nous devons réduire la tolérance de température à plus ou moins 5° – contre 10° habituellement. Cela implique donc un asservissement de la température plus précis, et nécessite d’investir dans des résistances, ou dans de l’électronique gérant l’asservissement de température», souligne Jérémie Crémière.

Extrait de la revue n° 640 - Juillet/Août 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support