Texte AlternatifBarquettes, bouteilles opaques (lait, huile, jus, etc.) mais aussi flacons de shampoings ou de gels douches alimentent quotidiennement par bâle d’un mètre cube le site Sopraloop, situé à Strasbourg. Grâce à un partenariat avec Citeo qui encadre l’arrivée de ces flux (voir encadré p.7), complété par un approvisionnement en Allemagne, le groupe Soprema a ainsi prévu de recevoir 3000 tonnes d’emballages en PET complexe pour sa première année de lancement. Une goutte d’eau au regard des 200 000 tonnes de PET complexes mis sur le marché chaque année en Europe, et dont seulement la moitié est collectée mais sans être recyclée. «Ces déchets ménagers partaient au final à la décharge ou à l’incinération sans être valorisés. Les packagings multicouches mais aussi les additifs pour colorer ou rendre opaques ces PET, ou encore la présence de full sleeve constituaient un frein technique à leur recyclage», explique Simon Chalier, directeur d’usine.

Un procédé en deux phases
Texte AlternatifUne fois ces flux de PET complexes rĂ©ceptionnĂ©s, ceux-ci passent sur une première ligne de recyclage mĂ©canique, puis par une machine Tomra pour un tri optique afin d’éliminer les possibles contaminants. Un premier filtre qui permet d’éliminer 25% d’impuretĂ©s. Les 75% de matières rĂ©ellement utilisables sont Ă  leur tour broyĂ©es et lavĂ©es pour ĂŞtre transformĂ©es sous forme de paillettes avant de subir une dernière Ă©tape de sĂ©paration densimĂ©trique pour supprimer les contaminants rĂ©siduels. S’en suit la 2e phase du procĂ©dĂ© : le recyclage chimique en deux Ă©tapes, qui consiste dans chaque rĂ©acteur de 10 tonnes Ă  l’ajout d’additifs sous haute tempĂ©rature. «Nous rĂ©coltons ainsi la matière finale : le polyol qui nous sert Ă  la fabrication de panneaux isolants en mousse de polyurĂ©thane pour le bâtiment, par nos deux sites de production Ă  Saint-Julien-du-Sault en France et Ă  Hof en Allemagne», prĂ©cise Matthieu Chalier. A partir des 3000 tonnes de PET complexes traitĂ©s, Soprema projette la fabrication de 5500 tonnes de polyol en 2019, puis de 10 000 tonnes d’ici 2 Ă  3 ans. «Aujourd’hui, nous substituons le polyol vierge par ce polyol recyclĂ© Ă  hauteur de 50% dans nos panneaux, pour atteindre nous espĂ©rons bientĂ´t les 100%. Il nous reste pour cela Ă  mieux maĂ®triser la variabilitĂ© des caractĂ©ristiques physico-chimiques de ce polyol recyclé», projette Soprema.

Extrait de la revue n° 641 - Septembre 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support