Texte AlternatifSelon Gilles Poncato, directeur commercial et marketing du groupe Autajon, «le nouveau luxe, c’est la propretĂ©, la naturalitĂ©. Aujourd’hui, il est prĂ©fĂ©rable d’éviter le gaspillage de matière, l’utilisation de ressource non-biodĂ©gradable ou non-recyclable, ou les emballages surdimensionnĂ©s. Il y a une vraie prise de conscience chez les fabricants et leurs clients : on n’est plus dans du «greenwashing» qui se voit – cela pourrait d’ailleurs ĂŞtre prĂ©judiciable aux marques – mais dans une rĂ©flexion de fond. Nous regardons la chaĂ®ne dans son ensemble : d’oĂą proviennent les matĂ©riaux, dans quelles conditions sont-ils produits, quelle sera leur destination finale après usage, etc». Une orientation observĂ©e Ă  la fois sur le marchĂ© du luxe et de la grande distribution, «encore plus confrontĂ© au bon usage des matières. Le mass-market vend en volume et se trouve donc d’autant plus concernĂ© par le devenir des produits après usage. En outre, il est accessible aux jeunes gĂ©nĂ©rations, très conscientes des enjeux environnementaux», ajoute-t-il.

DĂ©coration : du bon sens et de la mesure
Les marques reviennent Ă  des dĂ©corations d’aspect simple. «Elles cherchent du dĂ©cor, du beau tout en restant modĂ©rĂ© : cela se traduit par de petites touches de dorure Ă  plat ou de sĂ©rigraphie. Par ailleurs, l’une des façons de sortir du film mĂ©tallisĂ© – et de rendre l’étui luxueux sans ajout de matière – est de donner de la structure au carton par embossage. Notre division Ă©tiquettes pour les vins nous a beaucoup appris sur ces techniques», remarque Gilles Poncato. Les fabricants de vernis, de colles, d’encres vĂ©gĂ©talisent autant que possible ces produits. Bruno Lefebvre, directeur commercial du groupe Verpack, constate notamment un retour aux encres traditionnelles, Ă  base d’huiles vĂ©gĂ©tales. «Par confort, de nombreux fournisseurs et marques optaient pour des encres UV, fabriquĂ©es avec des huiles minĂ©rales issues de la pĂ©trochimie, plus simples Ă  sĂ©cher. Or, on s’aperçoit qu’il est possible d’utiliser les encres traditionnelles pour l’impression d’étuis pliants en cartons couchĂ©s ou non couchĂ©s, sans vernis brillant et peu chargĂ©s en encre. Cela nĂ©cessite simplement de remanier le process et de refaire des bons Ă  tirer pour ajuster les couleurs. L’utilisation de ces encres est par exemple bien adaptĂ©e aux emballages de produits cosmĂ©tiques ou de parapharmacie, avec peu d’aplats. Par contre, si l’impression nĂ©cessite une forte densitĂ© d’encre en aplat, elles montrent leur limite. Lorsque les encres UV s’imposent, on peut alors proposer des alternatives biosourcĂ©es, contenant 75% d’huiles vĂ©gĂ©tales», indique-t-il.

Extrait de la revue n° 641 - Septembre 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support