Texte AlternatifEn Europe, le secteur manufacturier enregistre un ralentissement depuis le premier trimestre 2018, plus particulièrement en Allemagne et en Italie, avec une baisse de près de 5 points. En cause notamment, un coup de frein des ventes vers la Chine et les difficultés de la filière automobile, avance le Symop.

Dans ce contexte, la France semble Ă©pargnĂ©e. Avec des outils de production fortement sollicitĂ©s, et des industriels confrontĂ©s Ă  des difficultĂ©s pour rĂ©pondre Ă  la demande. ConsĂ©quence : de forts investissements ont Ă©tĂ© observĂ©s tout au long de l’annĂ©e, facilitĂ©s par des taux d’intĂ©rĂŞts restĂ©s bas et le dĂ©cret concernant le suramortissement. Les indicateurs du Symop montrent Ă©galement que les commandes de biens d’équipements et de leurs consommables ont progressĂ© de 3% en France par rapport Ă  l’annĂ©e dernière, et ce, malgrĂ© l’inquiĂ©tude des industriels. Si, en thĂ©orie, les projets d’investissements en matĂ©riels et machines devraient ĂŞtre semblables aux ventes des produits, le Symop montre un Ă©cart sensible avec la rĂ©alitĂ©, et dĂ©voile une reprise inĂ©gale des investissements selon les secteurs. Pour les consommables de soudage ou outils pour machines, les ventes du premier semestre ont Ă©tĂ© correctes en France, soutenues par une production toujours active. Les projets d’investissement sont quant Ă  eux analysĂ©s plus en dĂ©tail, voire mĂŞme reportĂ©s dans certains secteurs clients. NĂ©anmoins, une enquĂŞte Insee d’avril 2019 confirmait l’intention des industriels de renforcer leurs investissements sur la fin de l’annĂ©e.

D’un point de vue sectoriel, l’industrie agro-alimentaire reprend du poil de la bête dans l’Hexagone, alors que les industries du transport, de l’électrique et de l’électronique, et des équipements voient leur activité stagner voire baisser. En ce qui concerne les machines d’emballage et de conditionnement, la production française est en chute de 6,7% à 526 M€, tout comme la consommation apparente de ces machines, en recul encore plus marqué de 10,2% entre 2017 et 2018, pour atteindre les 637 M€. Pourtant, le secteur des machines d’emballage et de conditionnement se porte bien à l’export, avec une croissance de plus de 5%, représentant 456 millions d’euros, et des importations en légère baisse (-2%). L’Italie et l’Allemagne demeurent les partenaires économiques privilégiés de la France, avec respectivement 36% et 30% des importations en valeur, suivis de loin par les Pays-Bas, la Suisse et le Japon. La Chine et les Etats-Unis représentant seulement 1,3% et 1,5% des importations françaises.

Côté exportations cette fois-ci, les Etats-Unis restent le premier marché d’exportation pour la France avec 13% des ventes. Suivie par l’Algérie (7,5%), puis en Europe, par l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique, l’Italie, et le Royaume-Uni.

Malgré les difficultés de la zone euro à sortir d’un marasme économique ambiant, la France parvient donc à tirer son épingle du jeu. A noter, en 2018, selon l’INSEE, l’industrie des machines d’emballage et de conditionnement rassemblait 138 sociétés, soit l’équivalent de 4713 emplois pour un CA total de 994 M€.

Extrait de la revue n° 641 - Septembre 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support