Texte Alternatif«2018 aura connu un lĂ©ger retrait Ă©quivalent Ă  la progression de 2017, pour revenir Ă  un niveau stable Ă  200 M€, pour un Ă©quivalent volume de 600 millions d’unitĂ©s fabriquĂ©es par an. En cause, la concurrence entre les diffĂ©rents matĂ©riaux et les prescripteurs des emballages : marchĂ©s, restauration collective, grande distribution, etc. Mais nous restons assez optimistes quant Ă  l’annĂ©e 2019 qui devrait se clĂ´turer autour de 1,5% de croissance», commente Olivier de Lagausie, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral du SIEL. En effet, dans un contexte oĂą le plastique est discrĂ©ditĂ© par les consommateurs, la grande distribution notamment revient progressivement vers les solutions en bois, particulièrement intĂ©ressantes pour les produits mouillĂ©s comme les salades, et plus gĂ©nĂ©ralement les fruits et lĂ©gumes. Fort de son capital sympathie, le bois affiche selon le SIEL un profil environnemental plus que louable : «il s’agit d’une ressource renouvelable et durable, provenant en Europe de forĂŞts certifiĂ©es PEFC®. Et dont la fabrication est très peu Ă©nergivore en comparaison avec le plastique ou le carton», explique Olivier de Lagausie. En fin de vie, les emballages lĂ©gers en bois, de part leur qualitĂ©, sont valorisĂ©s comme panneaux de particules ou combustibles pour chaufferies de classe A. Autre avantage et non des moindres : une rĂ©cente Ă©tude vient dĂ©montrer que les emballages en bois conservent mieux et plus durablement les aliments. DĂ©jĂ  prouvĂ©e sur des endives, l’analyse menĂ©e par YouR-Research, l’Oniris en partenariat avec le SIEL se porte cette fois sur la conservation de sardines fraĂ®ches dans des cagettes format «mĂ©diterranĂ©e» versus caisses en polystyrène. Les rĂ©sultats sont sans appel : meilleure conservation, rĂ©duction des pertes et du rancissement sont observĂ©s au bout de 7 jours. Autant d’atouts qui rendent les perspectives 2020 assez optimistes : «des adhĂ©rents du SIEL sont dans un mouvement d’investissement de nouvelles lignes pour accompagner la croissance Ă  venir. Car nous restons confiants dans le rĂ´le qu’aura Ă  jouer le bois au sein de la transition vers une Ă©conomie circulaire», assure le SIEL. Seul bĂ©mol au tableau et sur lequel le syndicat veut rester vigilant : la future REP emballage industriel. «Le système aujourd’hui implĂ©mentĂ© n’est pas adaptĂ© au matĂ©riau bois, matĂ©riau non pris en compte par CITEO qui le classe en matĂ©riau «non recyclable» ! Ce qui est un comble, car le bois a de rĂ©els bĂ©nĂ©fices en valorisation matière et energie», dĂ©taille Olivier de Lagausie. Cette classification aberrante place ainsi les petits emballages mĂ©nagers en bois devant un coĂ»t financier non nĂ©gligeable pour les acteurs de la filière, dont le tonnage reste faible (moins de 15 000 tonnes annuel). «Alors que l’Allemagne ou l’Italie paient respectivement 7 ou 2 centimes de taxe par kilo de bois mis sur le marchĂ©, en France, les industriels doivent se dĂ©lester de 41,3 cts du kilo. Un prix qui perturbe les producteurs et oriente le marchĂ© vers des solutions en cartons plastifiĂ©, une totale hĂ©rĂ©sie, très Ă©loignĂ©e des dĂ©fis environnementaux actuels», s’offusque le SIEL, qui appelle CITEO Ă  Ĺ“uvrer de concert pour trouver un compromis plus juste et Ă©quilibrĂ©.

Extrait de la revue n° 643 - Novembre 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support