Dès lors, des fournisseurs choisissent de s’orienter vers l’ «upcycling», en s’approchant de filières d’approvisionnement à partir de déchets agricoles. Sur le dernier salon Luxe Pack Monaco, l’on pouvait ainsi trouver du carton ou du papier, intégrant une part plus ou moins importante de fibres issus de co-produits ou de rebuts de la production de plantes alimentaires (cacao, kiwi, etc.) voire même textiles (laine ou coton). Si ces tentatives sont louables, elles ne peuvent aujourd’hui se substituer en totalité aux matériaux utilisés par les fabricants, en leur apportant les mêmes performances produit.

La solution se trouve t’elle dans les plantations de bananes ? Deux chercheurs australiens de l’universitĂ© UNSV de Sydney, les Professeurs Jayashree Arcot et Martina Stenzel, ont rĂ©cemment dĂ©montrĂ© la possibilitĂ© de produire des sacs en plastique biodĂ©gradables et recyclables, mais Ă©galement des barquettes Ă  partir de dĂ©chets organiques de bananiers. Aujourd’hui, seulement 12% de la plante est valorisĂ©e par le fruit consommĂ©, le reste Ă©tant dĂ©truit chaque annĂ©e par les agriculteurs. L’équipe de scientifiques a pu, Ă  partir des cellules du pseudo-tronc du bananier, riche en eau, rĂ©colter les 10% de nano-cellulose qu’il renferme en son cĹ“ur. Un nouveau matĂ©riau testĂ© par les savants en conditions rĂ©elles, et qui serait apte au contact alimentaire tout en se dĂ©composant en six mois, une fois enfoui sous terre. Très enthousiastes, les chercheurs espèrent ainsi convaincre les agriculteurs de valoriser ces dĂ©chets afin de crĂ©er une filière d’approvisionnement viable et trouver un partenaire dans le secteur de l’emballage pour l’accompagner dans l’industrialisation de son process. A bon entendeur !

Extrait de la revue n° 643 - Novembre 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support