Texte Alternatif“Pour satisfaire leurs propres clients, les nôtres doivent être en mesure aujourd'hui de passer très rapidement d'une production à l'autre, d'enchaîner sans état d'âme de grosses commandes et de petits lots personnalisés», observe Pascal Laborde, directeur général de Tecma Aries. D'où l'importance croissante que revêtent la simplicité d'utilisation des machines et la rapidité des changements de formats. En ce qui concerne les fins de lignes, ces exigences se traduisent par un recours accéléré à la robotique, qui permet de concilier évolutivité des fonctions et compacité plus facilement et à moindre coût qu'avec des systèmes mécaniques classiques. «Récemment, sur la base de deux robots Fanuc, nous avons par exemple réalisé un système d'encaissage multiformats vraiment très compact pour le chai d'une grande maison de vins californienne», illustre le dirigeant. D'une façon générale, poursuit-il, les robots Delta ou polyarticulés tendent à remplacer les robots cartésiens… qui gardent toutefois leur intérêt pour les clients en quête de simplicité ou soumis à de fortes contraintes budgétaires. Afin de réduire encore les coûts pour les faibles cadences (en deçà de 10 caisses/minute), ce fabricant étudie par ailleurs des solutions qui peuvent mettre en œuvre le même robot pour l'encaissage et la palettisation.

Transitique intelligente
Selon le directeur gĂ©nĂ©ral de Tecma Aries, on distingue en fait deux philosophies opposĂ©es dans le domaine des fins de lignes : celle qui privilĂ©gie le rapport simplicitĂ©/coĂ»t et la facilitĂ© de mise en Ĺ“uvre, et celle qui vise l'hyper-flexibilitĂ© dans l'esprit «usine du futur», en faisant appel Ă  des technologies plus sophistiquĂ©es et potentiellement plus dĂ©licates. «Attention, il ne faudrait pas croire que la première approche serait nĂ©cessairement celle des PME et la seconde celle des grosses structures : tout dĂ©pend en rĂ©alitĂ© de l'implantation des usines dans le monde, de ses marchĂ©s, etc. Mais quoi qu'il en soit, les robots s'avèrent chaque jour plus incontournables !». A ce propos, l'un des dĂ©bats les plus animĂ©s du moment porte sur le rĂ´le promis aux robots collaboratifs. Si Pascal Laborde admet qu'ils pourraient constituer une sĂ©rieuse option pour le chargement des machines ou la palettisation des caisses amĂ©ricaines, il ne les juge pour l’instant pas adaptĂ©s aux applications de ses clients de l'agroalimentaire au regard des vitesses et des charges admises. «A franchement parler, nous nous intĂ©ressons davantage aux systèmes de transport intelligents comme l'Itrak de Rockwell Automation, autour duquel nous avons conçu des fonctions d'encaissage hautement personnalisables». BaptisĂ© Aritrak, ce système encore Ă  l'Ă©tat de prototype rĂ©aliserait une sorte de fusion entre l'encaissage sĂ©quentiel et l'encaissage continu. Concrètement, il s'agit de faire dĂ©filer en continu (sur des bandes ou des tapis) des produits qui sont ensuite saisis par un manipulateur au moyen d'outils interchangeables embarquĂ©s sur des moteurs linĂ©aires, puis dĂ©posĂ©s soit en tracking pour les cadences Ă©levĂ©es, soit en statique Ă  travers des embauchoirs pour des produits serrĂ©s dans leurs caisses. «Le changement de recette d'encaissage se fait tout simplement en la sĂ©lectionnant sur l'Ă©cran tactile de l'IHM», prĂ©cise le directeur gĂ©nĂ©ral.

Extrait de la revue n° 646 - Mars 2020. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support