C’est en faisant ce constat que nous crĂ©ons Berny en 2020. Nous souhaitons permettre aux acteurs de l’agroalimentaire d’évoluer vers le rĂ©emploi en opĂ©rant pour eux la consigne « as a service ». Ainsi, nous concevons des emballages rĂ©employables et nous effectuons pour nos clients, le service de consigne, de collecte et de lavage.

Le choix du bon contenant est un premier challenge. Quel format ? Quel matĂ©riau ? A quelles contraintes techniques et logistiques doit-il rĂ©pondre ? Mais aussi, comment le conçoit-on pour qu’il soit le plus Ă©cologique possible ? Qu’il se lave bien ? Qu’il rĂ©siste dans le temps ?

Après avoir considéré le silicone, nous avons finalement opté pour l’inox. Un matériau qui présente un bon rapport poids/résistance, apte au contact alimentaire et qui répond aux problématiques liées au lavage. L’inox est recyclable en fin de vie et à l’infini. Il est en plus incassable, ce qui facilite son intégration sur certaines lignes de production et il résiste à des températures extrêmes.

Au delĂ  du matĂ©riau, d’autres questions se posent : standardisation, consigne, modèle Ă©conomique, effort logistique, conduite du changement … C’est tout une filière qui doit ĂŞtre crĂ©Ă©e. Ce n’est pas si simple mais on sent autour de nous que le marchĂ© est en attente de solutions et que nos diffĂ©rents interlocuteurs sont prĂŞts Ă  relever ce dĂ©fi avec nous.

Nous commençons par le dĂ©ploiement de notre solution au sein des magasins de la grande distribution pour les produits conditionnĂ©s en magasin. C’est un dĂ©ploiement plus simple, plus rapide qui nous permet dĂ©jĂ  de commencer Ă  mailler le territoire, d’instaurer de nouveaux usages et solidifier le modèle logistique et opĂ©rationnel. Depuis mars 2021, nos contenants consignĂ©s sont proposĂ©s aux clients de l’Hyper-U Ă  la Chapelle-sur-Erdre (44) aux rayons boucherie et poissonnerie. Nous constatons un bon taux d’adoption et plus important encore, un taux de retour prometteur ! Il y a une vraie attente de la part des enseignes, beaucoup nous contactent car ils souhaitent proposer ce service Ă  leurs clients rapidement.

Nous travaillons en parallèle à la conception d’un prototype adapté aux lignes industrielles avec des partenaires de l’agroalimentaire. Notre startup étant située à Nantes, nous sommes au cœur d’un bassin agroalimentaire important et nous avons cette chance d’avoir à moins d’une heure de route de chez nous des industriels avec qui nous pouvons échanger quotidiennement sur les problématiques du réemploi.

Notre démarche va plus loin, notamment grâce à notre intégration dans l’accélérateur foodtech lancé par Startup Palace avec Sodebo et Brioches Fonteneau, qui nous permet d’avancer de façon empirique en développant, avec les équipes R&D de ces entreprises, un premier prototype. Nous sommes très heureux de cette collaboration qui confirme l’intérêt des industriels pour le réemploi et qui nous permet d’affiner notre cahier des charges à mesure que nous itérons ensemble sur le sujet. C’est pour nous aussi une formidable occasion d’échanger sur les problématiques de standardisation et d’aborder l’impact qu’aura l’emballage réemployable dans les stratégies marketing de nos partenaires.

Le réemploi est une des solutions d’avenir pour l’emballage, il permet d’amortir l’investissement carbone fait à l’extraction des ressources, de préserver la biodiversité et surtout d’infléchir la courbe de la contamination de notre environnement.

Comme pour toute innovation, il faut y aller pas à pas, en acceptant l’imperfection au démarrage, pour transformer les usages jusqu’à ce qu’ils deviennent une évidence.

Extrait de la revue n° 657 - Avril 2021. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support