N°620 - Machines&technologies - Editorial


 

 

 

Françoise Albasini, rédactrice en chef

Alors que l’Europe multiplie les systèmes d’alerte… après le cheval, l’œuf…
Jamais un édito n’aura été écrit si rapidement… Celui-ci est un quasi copier-coller de celui rédigé suite à l’affaire de la viande de cheval qui se prenait pour un bœuf (1)… en février 2013.
Comme pour le cheval, c’est le Réseau d’alerte européen - RASFF qui a été saisi… par les autorités belges concernant l’œuf et les ovoproduits (2).

 

Comme en 2013, contrôle et traçabilité sont cités à toutes les pages du dossier…

 

Comme en 2013, nous pouvons continuer à nous demander : la traçabilité c’est quoi ? Un concept soluble dans la responsabilité de l’autre ? La pertinence des textes réglementaires et autres normes n’a de réelle valeur que dans un contrôle réel, efficace, et… inopiné par les autorités publiques.

 

On ne s’arrêtera pas sur le nombre d’ovoproduits incriminés, de lots suspectés (3). Et comme en 2013, écartons la dimension sanitaire de l'affaire (4). Pas d'ingestion nocive déclarée.

 

[…] si l’Europe et la France ont misé à fond, et à juste titre, sur la dimension sanitaire des denrées alimentaires, la réglementation en a oublié l’essentiel : le produit lui-même.

 

Diagrammes, fiches, maîtrise, actions correctrices, dangers, points critiques… A quoi servent ces procédures quand personne ne prélève un morceau (même petit) du produit […] alors que ce même produit sera mentionné […] sur l’emballage […]. Peu importe… on est conforme à la procédure-étape 2, peu importe on est conforme à la procédure-étape 4…, etc. Les tableaux sont documentés, enregistrés, les codes sont dans l’ordre. Etiquetez et envoyez. Au suivant !

 

Suite à l’affaire de fraude avec la viande de cheval en 2013, la Commission européenne a mis en place le Réseau de lutte contre la fraude alimentaire-Food Fraud Network. Il vise à assurer l'échange rapide d'informations entre les autorités nationales et la Commission en cas de pratiques frauduleuses présumées.

 

A priori, la communication dans le cas des ovoproduits n’a pas vraiment fonctionné ou, c’est tout comme, avec un grand retard. Mais le RASFF s’avère quand même opérationnel.

 

Idem pour le FFN, à en juger par les chiffres fournis par la Commission. Depuis sa mise en service, en juillet 2013, le nombre d’échanges entre pays est passé de 30 à plus de 100 en 2015, ce qui représente plus de 200 cas au total depuis sa création. Pour faciliter les échanges, un outil informatique d'Assistance et de Coopération Administrative (AAC(5) a été lancé le 18 novembre 2015. Et récemment, une nouvelle application en ligne, l'iRASFF, permet aux trente-deux États membres du RASFF de transmettre de nouvelles notifications de produits présentant un risque ou des notifications complémentaires à des notifications transmises précédemment par d'autres membres.

 

En 2015, le FFN a identifié 108 cas de fraude dont une majorité (36%) a concerné la non-conformité de l'étiquetage.

 

Gageons que les marques concernées (ou pas d’ailleurs) ressentiront le besoin de communiquer sur la Confiance. Quoi de plus logique que de le faire AUSSI sur le packaging.

 

Pourquoi ne pas indiquer, par exemple, pour des gaufres, des pâtes, de la glace, l’origine des ingrédients : ovoproduit (origine néerlandaise), ou pour la sauce tomate (origine Chine)…

 

Le packaging, ce formidable média à la disposition de la marque pour prouver au consommateur qu’il a raison de lui faire confiance, en imprimant en clair, de façon lisible et immédiatement repérable les informations sur le produit (origine des ingrédients, lieu de fabrication…). Mais il faut aller plus loin dans l’information du consommateur. Les marques doivent s’approprier le QR code. Pour le moment, celles qui le font donnent des recettes. Pourquoi pas. Mais qu’elles aillent plus loin, beaucoup plus loin. Qu’elles invitent le consommateur à entrer dans leurs usines. Une fois flashé le QR code imprimé sur l’emballage, il pourra tracer de visu (vidéo sans trucage, bien sûr !) le produit qu’il achète - de la matière première jusqu’à sa mise en rayon.

 

Que ce QR code envahisse l'emballage pour une confiance retrouvée. Au nom du bœuf et de l’œuf.

 

(1) Textes en bleu : extraits de l’édito du 28 février 2013 sur www.emballagedigest.com/e-bonus/actualité dans l’espace rechercher «Quand du cheval se prend pour du bœuf» (2) Ministère de l’agriculture et de l’Alimentation (3) Les produits retirés du marché contiennent du fipronil à une concentration supérieure à la limite réglementaire (LMR = 0,005 mg/kg de produit) - Source Ministère de l’agriculture (4) a indiqué l’Anses (5) Administrative Assistance and Cooperation (AAC) System.