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N° 624 - Machines&Technologies - Actualité


 

 

 

Les PME et la robotique : Posson Packaging témoigne
Comment les PME françaises entrent dans l’industrie du futur grâce à la robotique ? C’est autour de cette thématique que le Centre technique des industries mécaniques-Cetim a organisé récemment une conférence, en partenariat avec la Fédération des industries mécaniques (FIM) et le Syndicat des machines et technologies de production (Symop).

 

Après la présentation du programme public-privé Robot Start PME, développé pour accompagner l’entrée des PME dans l’industrie du futur, quatre entreprises - dont Posson Packaging - ont témoigné sur leur démarche de modernisation de leurs outils de production grâce à l’acquisition d’un premier robot industriel.

 

«La France est aujourd’hui un pays dynamique en termes de robotique, on observe une réelle volonté de rattraper le retard» a déclaré Bruno Grandjean, président de la FIM. Comme l’a expliqué Posson Packaging, fabricant d’emballages en carton imprimé. En robotisant il y a deux ans sa ligne de palettisation, « l’objectif premier était de diminuer la pénibilité au travail, mais aussi d’augmenter nos capacités de production» a souligné Sylvie Casenave-Péré, présidente de la société. Cet investissement a bénéficié du programme Robot Start PME. Aujourd’hui, l’entreprise, qui vient de fêter ses 75 ans, embauche un jeune roboticien chargé d’explorer les pistes d’automatisation ou de robotisation de l’atelier de production. Demain, elle accueillera peut-être un nouveau robot ; «nous avons prévu d’investir dans des cobots pour alléger les postes de travail et compenser les situations pénibles» a indiqué S. Casenave-Péré.

 

Si, selon les intervenants, les robots ont un impact bénéfique pour les PME, leur acquisition n’est pas toujours simple. Cette opération demande un réel savoir-faire et n’engendre des résultats qu’à long terme. «Nous avons eu des difficultés à comprendre l’intégrateur, ce qui a rendu difficile la manière d’appréhender le robot et ce qu’il peut apporter» a noté S. Casenave-Péré.

 

Quel conseil donner aux entreprises qui souhaitent investir dans la robotique ? Les réponses des PME présentes à cette conférence ont été quasi unanimes : la période de gestation du projet est cruciale, il est important de préparer les fondamentaux de l’entreprise car l’intégration d’un robot demande de nombreuses qualifications.

 

C’est notamment à ces difficultés qu’est supposé répondre le programme Robot Start PME. Rappelons qu’il a été lancé fin 2013 dans le cadre du plan Robotique et déployé par le Symop, le Cetim et CEA List. Outre le fait qu’il apporte une aide administrative et financière (10% du coût de la cellule robotisée) pour faciliter la prise de décision d’investir, il accompagne les entreprises avec l‘aide d’un expert qualifié assurant «la transmission des fondamentaux méthodologiques de l’intégration réussie d’un robot». Les sociétés bénéficiaires du programme peuvent également profiter de «la mise en place d’une base d’offreurs de solutions» qui leur permet d’identifier plus rapidement et simplement les intégrateurs robotiques les plus à même à apporter les réponses adaptées à leur cahier des charges, a indiqué le chef de projet Robot Start PME au Cetim, Pierre-Marie Gaillot,.

 

Deux ans après sa création, Robot Start PME affiche des résultats positifs selon ses fondateurs. Les sociétés ayant bénéficié de ce programme ont observé, en moyenne, une augmentation de leur productivité et rentabilité, respectivement de +86% et de +68%, ainsi qu’une évolution de +18% de leur CA en deux ans (2015-2017). En outre, 65% d’entre elles ont embauché entre un et cinq salariés (représentant entre 45 et 53 nouveaux emplois).

 

 

La chaîne logistique connectée de la nouvelle plateforme Ferrero
Ferrero France et SPI Logistic ont inauguré le nouveau centre de logistique et de copacking de Saint-Quentin Fallavier, situé près de Lyon. Une première étape dans le plan de modernisation de la chaîne logistique de l’unité française du groupe Ferrero.
Fruit d’une collaboration entre Ferrero France et SPI Logistic, la nouvelle plateforme, qui s’étend sur une surface globale de
30 000 m2, combine des activités logistiques et de copacking dans le but de mieux répondre aux enjeux de fraîcheur des chocolats et autres confiseries du groupe. Dotée de technologies connectées, «elle vise aussi à rendre notre chaîne logistique plus performante pour accompagner les enjeux de flexibilité et notre croissance au cours des prochaines années» a déclaré Jean-Baptiste Santoul, directeur général de Ferrero en France.

 

La technologie pour répondre aux enjeux de fraîcheur et de qualité
Pour satisfaire les exigences en matière de stockage des produits alimentaires spécifiques, des pièges anti-rongeurs (sans appât) connectés alertent instantanément l’exploitant en cas d’incident, et une climatisation continue comprise entre 14 et 18°C en hiver comme en été garantit une température optimale de stockage. Le site logistique de Ferrero, certifié BREEAM Very Good 1, assure un suivi précis de l’exploitation de ses produits, permettant même de visualiser en temps réel les températures de stockage.

Le copacking, qui vise les opérations de reconditionnement, de mise en boîtes, en lots ou en kits, concerne un produit sur cinq de la marque. Cette proportion et cette diversité de formats illustrent les mutations des modes de consommation et la multiplication des lieux d’achat (GMS, e-commerce, magasins de proximité…). 11 lignes sont semi-automatisées et automatisées. Modulable, le site peut ajouter des lignes éphémères supplémentaires en cas de demande ponctuelle du groupe.
Grâce à cette plateforme, Ferrero France a pu considérablement réduire ses délais de conditionnements spécifiques. Une souplesse qui a bénéficié, par exemple, à des produits saisonniers comme la chaussette de Noël Kinder. En effet, les nouvelles installations de copacking ont permis un remplissage trois fois plus rapide cette année, tout en assurant des conditions d’hygiène qui garantissent qualité et fraîcheur optimales des produits.
Après seulement quelques mois d’activité, ce centre est déjà pleinement actif (jusqu’à 3 700 palettes par jour), et a permis d’expédier plus de 100 000 palettes. L’objectif : fournir 1/3 du territoire national en produits Ferrero.