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N° 643 - Packaging - Actualité

 


 


Marché des emballages bois légers : une année 2018 contrastée
Selon les derniers chiffres du SIEL (Syndicat des Industriels Français de l'Emballage Léger en bois) publiés à partir des résultats de ses adhérents, si 2017 avait été une bonne année (+2%), le marché des emballages légers aura été moins prolifique sur l’année suivante. «2018 aura connu un léger retrait équivalent à la progression de 2017, pour revenir à un niveau stable à 200 M€, pour un équivalent volume de 600 millions d’unités fabriquées par an. En cause, la concurrence entre les différents matériaux et les prescripteurs des emballages : marchés, restauration collective, grande distribution, etc. Mais nous restons assez optimistes quant à l’année 2019 qui devrait se clôturer autour de 1,5% de croissance», commente Olivier de Lagausie, délégué général du SIEL. En effet, dans un contexte où le plastique est discrédité par les consommateurs, la grande distribution notamment revient progressivement vers les solutions en bois, particulièrement intéressantes pour les produits mouillés comme les salades, et plus généralement les fruits et légumes. Fort de son capital sympathie, le bois affiche selon le SIEL un profil environnemental plus que louable : «il s’agit d’une ressource renouvelable et durable, provenant en Europe de forêts certifiées PEFC®. Et dont la fabrication est très peu énergivore en comparaison avec le plastique ou le carton», explique Olivier de Lagausie. En fin de vie, les emballages légers en bois, de part leur qualité, sont valorisés comme panneaux de particules ou combustibles pour chaufferies de classe A. Autre avantage et non des moindres : une récente étude vient démontrer que les emballages en bois conservent mieux et plus durablement les aliments. Déjà prouvée sur des endives, l’analyse menée par YouR-Research, l’Oniris en partenariat avec le SIEL se porte cette fois sur la conservation de sardines fraîches dans des cagettes format «méditerranée» versus caisses en polystyrène. Les résultats sont sans appel : meilleure conservation, réduction des pertes et du rancissement sont observés au bout de 7 jours. Autant d’atouts qui rendent les perspectives 2020 assez optimistes : «des adhérents du SIEL sont dans un mouvement d’investissement de nouvelles lignes pour accompagner la croissance à venir. Car nous restons confiants dans le rôle qu’aura à jouer le bois au sein de la transition vers une économie circulaire», assure le SIEL. Seul bémol au tableau et sur lequel le syndicat veut rester vigilant : la future REP emballage industriel. «Le système aujourd’hui implémenté n’est pas adapté au matériau bois, matériau non pris en compte par CITEO qui le classe en matériau «non recyclable» ! Ce qui est un comble, car le bois a de réels bénéfices en valorisation matière et energie», détaille Olivier de Lagausie. Cette classification aberrante place ainsi les petits emballages ménagers en bois devant un coût financier non négligeable pour les acteurs de la filière, dont le tonnage reste faible (moins de 15 000 tonnes annuel). «Alors que l’Allemagne ou l’Italie paient respectivement 7 ou 2 centimes de taxe par kilo de bois mis sur le marché, en France, les industriels doivent se délester de 41,3 cts du kilo. Un prix qui perturbe les producteurs et oriente le marché vers des solutions en cartons plastifié, une totale hérésie, très éloignée des défis environnementaux actuels», s’offusque le SIEL, qui appelle CITEO à œuvrer de concert pour trouver un compromis plus juste et équilibré.