Le vrac et le réemploi progressent doucement mais sûrement
publié le mardi 31 mars 2026
Après plusieurs années de recul liées à l’inflation, le vrac montre des signes de retour dans les habitudes de consommation des Français. Selon l’étude menée par NielsenIQ pour Réseau Vrac & Réemploi*, révélée à lors du 5e Mois du Vrac et du Réemploi, 32% des foyers français déclarent avoir acheté en vrac ou en consigne alimentaire au cours des 12 derniers mois.
Cette stabilisation marque une évolution importante : depuis 2024, la consommation en vrac repart progressivement, après une phase de baisse liée au contexte économique. Dans le même temps, les dispositifs de consigne alimentaire poursuivent leur progression, illustrant une dynamique globale de développement du réemploi. Au-delà de ces chiffres, l’étude révèle surtout une transformation plus profonde : le réemploi s’installe progressivement dans les gestes quotidiens des Français. Le sujet de l’emballage, vrac et la consigne en particulier, reste un pilier du développement du réemploi. Après une période difficile liée à l’inflation, il montre aujourd’hui des signes de stabilisation et de reprise. Les résultats de l’étude montrent notamment une évolution encourageante du côté des emballages alimentaires.

Après plusieurs années de recul, le vrac stabilise sa base d’acheteurs. En 2025, près d’un foyer français sur trois déclare avoir acheté en vrac ou en consigne alimentaire, confirmant que ces modalités de consommation restent solidement installées. Certaines catégories contribuent particulièrement à cette dynamique. Les épices et les biscuits figurent parmi les produits qui ont enregistré les plus fortes progressions du nombre de foyers acheteurs en vrac en 2025. Des catégories à suivre donc, notamment depuis la parution du décret fin 2025, qui fixe l’assiette de calcul des produits permettant d’atteindre l’objectif de 20% de produits vendus en vrac d’ici 2030 dans les magasins de plus de 200 m2.
Parallèlement, la consigne alimentaire se développe également, notamment dans les territoires où les solutions logistiques facilitent le retour des contenants. L’étude montre que ces deux modèles ne s’opposent pas mais apparaissent complémentaires, participant ensemble à la diffusion des pratiques de réemploi dans l’alimentation.
Le développement du vrac reste toutefois fortement lié au contexte économique. Aujourd’hui, 79% des Français se déclarent fragilisés ou prudents face à leur situation économique, dans un contexte marqué par une inflation cumulée de +20% entre janvier 2022 et janvier 2024. Dans ce contexte, le prix reste le premier frein à l’achat en vrac, devant les questions d’organisation ou de praticité. L’hygiène elle, n’apparaît plus qu’en 7e position, signe d’une certaine maturité des acheteurs pour ce mode de distribution. Les consommateurs attendent également les mêmes avantages commerciaux que pour les produits pré-emballés, comme des promotions ou une offre accessible.
«Les consommateurs veulent les mêmes leviers pour le vrac que pour le préemballé, consigné ou non : des prix compétitifs, des actions promotionnelles, de la praticité et retrouver leurs marques habituelles. Vrac et consigne pour réemploi doivent donc être pensés «mainstream» et non niche pour se développer», explique Célia Rennesson, directrice générale de Réseau Vrac & Réemploi.
Par ailleurs, l’étude montre que les pratiques de réemploi dépassent largement le seul sujet des emballages alimentaires. Les Français adoptent déjà de nombreux gestes de réutilisation dans leur quotidien. Par exemple, 91% des Français déclarent réutiliser des emballages provenant d’achats précédents lorsqu’ils envoient un colis, et trois quarts des foyers sont concernés par cette pratique. Les comportements liés à la seconde main et au reconditionné continuent également de progresser. Les motivations sont multiples : économiser de l’argent, payer moins cher ou donner une seconde vie à un produit.
L’étude révèle aussi un important potentiel encore inexploité. Une part significative de produits encore fonctionnels finit aujourd’hui directement au recyclage ou à la poubelle, alors qu’ils pourraient être réparés ou réemployés.
*Étude NielsenIQ Homescan – enquête On line auprès de 5 000 panélistes en décembre 2025.