Poussé par des consommateurs désireux de reprendre le contrôle de leur consommation et renforcé par la fondation de l’association professionnelle Réseau Vrac en 2016, le vrac a le vent en poupe depuis quelques années. De deux commerces spécialisés vrac en 2013, la France en compte aujourd’hui près de 500. 88% des magasins bio sont équipés de rayons vrac et 70% des grandes surfaces le sont également. Le marché a ainsi dépassé le milliard d’euros l’an passé et sa croissance est estimée à plus de 3 milliards de chiffre d’affaires d’ici 2022 (1). Dotée depuis le 11 février 2020 d’une définition officielle de la vente en vrac dans la loi, la France fait ainsi office de pionnière sur ce marché en plein boom.

Le vrac, c’est aujourd’hui une vĂ©ritable filière rĂ©unie au sein de RĂ©seau Vrac. Producteurs, transformateurs, fournisseurs de produits alimentaires, cosmĂ©tiques, dĂ©tergents mais aussi de services et d’équipements, commerçants et rĂ©seaux de magasins travaillent ensemble pour proposer du vrac sur tout le territoire et pour un maximum de produits. L’objectif : dĂ©mocratiser une forme de consommation permettant de moins gaspiller.

La Loi relative Ă  la lutte contre le gaspillage et Ă  l’économie circulaire, parue le 11 fĂ©vrier 2020, dispose que la vente en vrac se dĂ©finit comme « La vente au consommateur de produits prĂ©sentĂ©s sans emballage, en quantitĂ© choisie par le consommateur, dans des contenants rĂ©employables ou rĂ©utilisables ». Si la dĂ©finition prĂ©cise que les produits sont prĂ©sentĂ©s sans emballage au consommateur sur le point de vente, celle-ci ne sous-entend pas que le vrac fait disparaĂ®tre les emballages. Ces derniers restent prĂ©sents et nĂ©cessaires pour transporter et stocker les produits. Le vrac n’est en cela pas l’ennemi de l’emballage mais plutĂ´t du jetable. Ainsi les questions qu’il faut se poser sont : de quels types d’emballages voulons-nous ? Quel modèle souhaitons-nous : celui du jetable ou du rĂ©utilisable ?

Plusieurs initiatives locales de rĂ©emploi des emballages de conditionnement des produits vrac existent dĂ©jĂ  au sein de la filière entre magasins et producteurs. Et au niveau national, imaginez des emballages amont standardisĂ©s et adaptĂ©s aux produits vrac qui plutĂ´t que d’être jetĂ©s par le magasin seraient lavĂ©s et reconditionnĂ©s Ă  nouveau ? Loin d’être utopique, la construction d’un tel modèle est actuellement au cĹ“ur de nos prĂ©occupations. Des acteurs sont dĂ©jĂ  engagĂ©s dans cette voie : certains proposent des BIB rĂ©utilisables pour la vente de produits vrac liquides ; d’autres mettent en place une supply chain zĂ©ro dĂ©chet via une marketplace B2B entre magasins et producteurs vrac. L’amont de la filière vrac a un immense potentiel de progression et d’innovation dans la conception d’emballages plus durables. Et aujourd’hui, qui sont les mieux placĂ©s pour nous aider Ă  repenser ces emballages, imaginer de nouvelles façons de faire et finalement rĂ©flĂ©chir Ă  l’avenir, que les professionnels de votre filière ? Le marchĂ© du vrac est en forte croissance depuis 4 ans et les objectifs ambitieux fixĂ©s par les citoyens lors de la convention citoyenne, nous rappellent que cette croissance n’est pas prĂŞte de s’arrĂŞter. Alors plutĂ´t que d’opposer vrac et emballage, nous proposons de nous appuyer sur les expertises de chacun pour accĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement d’une filière adaptĂ©e aux enjeux des annĂ©es Ă  venir.

(1) Source : RĂ©seau Vrac.

Extrait de la revue n° 650 - Août/Septembre 2020. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support