Face à la dépendance croissante de la France à certains produits importés, de grands acteurs industriels se disent être prêts à «rebâtir une souveraineté» pour le pays. Tous les secteurs de la filière emballage sont concernés. Cet état de fait va générer des investissements de modernisation de la production au service de produits et d’emballages de qualité, sûrs, traçables et durables (1) … Et une autre façon de manager.

Baromètre de l’emploi
La filière packaging n’a pas enregistré de diminution notable des recrutements dans le secteur agroalimentaire. N’ayant pas subi d’interruption de production, il est l’un de ceux les moins impactés par la crise où les recrutements se poursuivent. Si néanmoins dans le secteur cosmétique, plus touché, la filière a stoppé ses recrutements pour le marché du luxe, le secteur pharmaceutique les poursuit dans les métiers de production, plus particulièrement.

Des nouveaux profils recherchés
La filière packaging ne fait pas exception dans la rĂ©volution numĂ©rique accĂ©lĂ©rĂ©e par la crise sanitaire. Les entreprises recherchent notamment des :

• «Pilotes de l’excellence opérationnelle» qui conduisent la transformation digitale des process. Cette révolution impacte toute la chaîne de valeur, du bureau d’études à la production et à la logistique. L’un des enjeux de cette révolution de la supply chain est de sécuriser davantage les process (Healthy Manufacturing) pour réassurer le consommateur et l’utilisateur final. • Les architectes de la stratégie de la satisfaction et relation client ont le vent en poupe.

• Les responsables de marchés, véritables business développeurs et détecteurs de tendances sont aussi très recherchés.

• De même les pilotes de l’innovation, associant design audacieux et nouveaux procédés de fabrication, deviennent des lanceurs d’alerte de nouveaux matériaux (2) tout en assurant le déploiement des stratégies RSE internes.

Les effets du télétravail
L’explosion du tĂ©lĂ©travail a profondĂ©ment transformĂ© ces derniers mois la fonction RH. Elle demande aux RH d’être en capacitĂ©, non seulement d’organiser le tĂ©lĂ©travail et de garantir en relation avec le DSI de l’entreprise la sĂ©curisation des data Ă  usage professionnel, ce qui n’est pas une mince affaire. Selon une enquĂŞte rĂ©alisĂ©e en avril 2020 (3), «la proportion d’employĂ©s en France qui considère la possibilitĂ© de travailler Ă  distance comme essentielle, et non pas uniquement comme un privilège, a augmentĂ© de 51%». Et ce n’est pas tout. L’état d’esprit des Ă©quipes vis-Ă -vis du travail (quĂŞte de sens et aspirations) pose de vrais enjeux sur le mode de management. Une Ă©tude de Glassdoor rĂ©alisĂ©e en France en 2019 rĂ©vèle : les prioritĂ©s mises en avant pour les salariĂ©s sont les valeurs de l’entreprise (24%), la qualitĂ© du management (22%), devançant les perspectives de carrière (16%).

Attirer les meilleurs talents
Dans un contexte RH et recrutement de plus en plus tendu, attirer les meilleurs talents devient une gageure. La valeur ajoutée des cabinets de recrutement ne se limite pas à l’approche directe en vue de pourvoir des postes qui font face à une pénurie de candidatures. Elle est avant tout d’utiliser des outils pertinents d’évaluation, car le nombre et les profils de candidats déclarés sur LinkedIn ou Indeed ne présupposent pas de la qualité des futurs recrutés. Enfin, les consultants en recrutement sont de plus en plus sollicités pour évaluer les aptitudes et le savoir-être lors de mises en situation qui vont au-delà des seuls postes à responsabilités.

(1) Enquête Mieux Manger de l’ANIA (Association Nationale des Industries de l’Agroalimentaire) réalisée en septembre 2020. (2) Selon ELIPSO (Association professionnelle représentant les fabricants d’emballage plastique), 90% des emballages plastiques sont fabriqués avec seulement 5 résines (PEBD, PEHD, PET, PP, PS). (3) Enquête VMware auprès de 1 850 personnes dont 450 en France.