Texte AlternatifMobilisé dès le premier confinement engendré par la Covid-19, le secteur se dit aujourd’hui mieux préparé à traverser ce second confinement. «Malgré tout, notre profession poursuit sa transformation avec la loi AGEC et la directive européenne Single Use Plastics. Nous partageons les craintes des consommateurs mais regrettons la persistance de cette chasse au plastique. Nous restons persuadés que notre transition vers une économie circulaire doit se faire de façon raisonnée, accompagnée des investissements nécessaires dans nos usines. Nous continuons à prôner le juste emballage et défendre la mise en place d’une collecte élargie», a martelé Françoise Andres, président d’Elipso. Une feuille de route qui semble en tout cas partagée avec les secteurs clients. Selon l’enquête, 92% des répondants déclarent être challengés par leurs clients sur la question de l’économie circulaire. «L’analyse de cycle de vie des produits et la décarbonation doivent rester au centre des enjeux. Elle passera prioritairement par l’incorporation de matières premières recyclées. Ainsi, 1 T de matière première recyclée permet d’économiser 2 T de CO2 et permettrait une relocalisation de la production des plastiques, il s’agit d’un enjeu de souveraineté nationale et de résilience», a commenté Serge Vassal, vice-président d’Elipso. L’association appelle d’ailleurs le gouvernement à aider la filière à accélérer les travaux européens en matière de législation, afin de mettre au point des résines recyclées aptes au contact alimentaire autres que le PET et d’en faire bénéficier tous les secteurs, notamment l’agro-alimentaire et la cosmétique.

Autre volet abordé par cette note de conjoncture, l’impact de la Covid-19 sur la santé de la filière emballages plastiques. 57% des adhérents interrogés ont enregistré une baisse de leur CA par rapport à 2019 mais restent cependant optimistes pour 2021, puisque 83% d’entre eux projettent un CA stable ou en progression. Même si un retour à une situation normale n’est pas attendu avant 2022, Elipso observe un risque très limité de défaillance de ses adhérents dans les mois à venir. «La crise confirme cependant l’apparition d’un clivage de l’industrie avec une dichotomie entre les gagnants et les perdants. Les secteurs de l’alimentation et de l’hygiène/entretien tirent leur épingle du jeu, d’autres comme la Restauration hors domicile ou la cosmétique ont été plus fortement impactés », analyse Christophe Rossé, président de la Commission des affaires économiques d’Elipso. L’inquiétude est prégnante. 44% des sociétés interrogées envisagent une impasse de trésorerie du côté de leurs clients dans les mois à venir. Elipso appelle d’ailleurs l’Etat à soutenir les dispositifs d’assurance-crédit à destination des industriels les plus fragilisés, les entreprises ne pouvant pas supporter seules le risque de défaillance de leurs clients. La situation est d’autant plus tendue que l’enquête confirme l’installation d’une «guerre des prix» depuis le premier confinement. Le prix devient le critère d’achat prioritaire des emballages derrière la sécurité sanitaire, leur performance technique et leurs critères environnementaux. Elipso craint que cette trop forte pression puisse peser sur l’emploi et les investissements.

Extrait de la revue n° 652 - Novembre 2020. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support