Texte AlternatifIdentifier de manière certaine l’origine d’un produit et suivre ou reconstituer l’intégralité de son itinéraire, entre sa fabrication et sa distribution, est devenu un enjeu majeur pour l’industrie cosmétique et parfumerie, surtout en cette période de pandémie où le e-commerce a pris tant d’importance. L’objectif pour le secteur est double, ainsi que le résume Jérôme Pichot, le président d'Advanced Track & Trace, spécialiste français de la protection et de la sécurité des marques : «le premier est d’éviter les «marchés gris» ou «parallèles». Être sûr que le produit fabriqué dans un pays A et destiné à un pays B n’est pas emmené en contrebande dans un pays C. Et le deuxième est de lutter contre la contrefaçon. Mais si, pour des raisons sanitaires, cette traçabilité est devenue depuis 2019 une obligation réglementaire dans le secteur pharmaceutique via la sérialisation, une liberté de méthode est laissée aux laboratoires cosmétiques qui souhaitent authentifier et tracer leurs produits. Le choix le plus évident est justement de mettre en œuvre le procédé de la sérialisation, dont la technologie peut être simplifiée pour les produits cosmétiques. C’est notamment ce que propose Antares Vision. «Cette technologie, que nous maîtrisons sur le bout des doigts, consiste à encoder sur l’emballage un numéro de série propre à chaque produit», explique Nicolas Perrin, le directeur de la filiale française du groupe. «Le numéro peut être aléatoire, c’est même une obligation dans le secteur pharmaceutique. Il peut également être incrémental mais dans ce cas il sera plus facile à falsifier. Le plus fréquent en cosmétique est de faire réaliser préalablement par l’imprimeur sur l’emballage le marquage du numéro de série unique dans un code-barres, datamatrix ou un QR code. Il peut aussi être dupliqué en numéro lisible avec des chiffres classiques, soit de manière bien visible pour obtenir un effet dissuasif auprès des contrefacteurs, soit avec de l’encre invisible sauf à l’ultraviolet afin de réaliser des «recherches en sous-marins». Une dernière option est proposée par Antares : le marquage dans une puce RFID. «Cette technologie sera utilisée pour les produits de luxe comme les crèmes haut de gamme à cause de leur coût plus élevé que le marquage par datamatrix. Celui-ci va plutôt répondre à une logique de distribution et servira à se prévaloir contre le marché parallèle ou la contrefaçon. Le RFID va davantage permettre de s’adresser au consommateur final qui pourra les scanner avec un smartphoneet interagir avec un site internet», indique Monica Coffano, responsable du développement business cosmétique chez Antares. Le niveau de sécurité de la sérialisation est important, selon Nicolas Perrin : «un code data matrix peut être contrefait, mais son association à un identifiant unique est très protecteur. Il peut être copié une fois mais dès la deuxième lecture, il apparaît de manière évidente qu’il s’agit d’une contrefaçon».

Extrait de la revue n° 664 - Décembre 2021/Janvier 2022. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support