Texte AlternatifLa restauration rapide a progressĂ© de 5000 points de vente depuis 2019. «Dans les boulangeries, oĂą le snacking a Ă©tĂ© bien relancĂ© pendant les confinements, l’activitĂ© reprend au mĂŞme niveau que 2019. 73% de la restauration Ă  table dĂ©clare faire de la vente Ă  emporter. Tout cela a Ă©tĂ© portĂ© par la livraison, qui a bondi de plus de 33% entre 2018 et 2020. Le snacking n’a jamais cessĂ© de progresser ces dernières annĂ©es et cela s’est accĂ©lĂ©rĂ© depuis la crise sanitaire», constate Nicolas Nouchi, responsable des Ă©tudes de marchĂ© pour CHD Expert. Selon lui, la satisfaction du consommateur repose sur de nombreuses nouvelles variables, qui vont au-delĂ  de l’offre alimentaire. «Dans la restauration rapide, la meilleure alternative pour mettre en valeur la proposition est le conditionnement, dĂ©sormais vu comme une opportunitĂ© de crĂ©er de la satisfaction. Sa fonctionnalitĂ© est importante Ă©galement : l’emballage joue un grand rĂ´le lors du transport, pour que le consommateur rĂ©cupère un joli plat qui reste chaud», ajoute-t-il.

Le développement durable est un enjeu fort, accentué par de nouvelles règlementations et les mentalités des consommateurs qui évoluent. Les enseignes diminuent le recours au plastique. Chez les indépendants, les choix de conditionnements plus écologiques témoignent de l’engagement du restaurateur. Pour Nicolas Nouchi, cela se traduit par «l’augmentation des emballages en papier, en carton, et la premiumisation des packs, avec parfois une mise en scène plus haut de gamme de la proposition. Les emballages sont aussi plus fonctionnels, plus variés pour s’adapter à la diversification de l’offre snacking», dit-il. Les consommateurs ont en effet du choix. Mi 2021, les grandes tendances portaient sur la reprise du sandwich sous toutes ses formes, un engouement pour les salades, et des parts de marché accrues pour les plats ethniques.

PĂ©nurie de carton et de papier
Texte AlternatifLes fournisseurs adaptent donc leurs offres Ă  ce marchĂ© en mouvement. Alphaform, entitĂ© du groupe Guillin, propose des solutions d’emballage pour certains commerces (boulangeries, charcutiers-traiteurs) ainsi que pour la restauration hors domicile. Ses gammes comptent des emballages en plastique (PP, PET et PS), en carton et en cellulose (vierge ou bagasse). «Sur notre marchĂ©, la plus grosse part des demandes, en volume, reste sur le plastique, qui protège bien les aliments et est plus Ă©conomique – un dĂ©tail important pour les petites structures. Mais le carton se dĂ©veloppe fortement, poussĂ© par les demandes des consommateurs et la règlementation. Les restaurateurs et les artisans apprĂ©cient Ă©galement de pouvoir personnaliser leurs produits plus facilement avec du carton. Cette forte demande nĂ©cessite d’anticiper car ce matĂ©riau est aujourd’hui contingentĂ© et son approvisionnement, difficile. On ne fait pas encore face Ă  des ruptures mais on est en surchauffe ! Et de fait, les coĂ»ts augmentent», note Arnaud Mezeray, directeur commercial d’Alphaform. «Nous avons constatĂ© un grand abandon du plastique, et nous trouvons aujourd’hui confrontĂ© Ă  une vĂ©ritable pĂ©nurie de papier et de carton. Nous n’avons jamais connu une telle situation. De nombreuses usines sont contraintes de rĂ©duire, voire d’arrĂŞter leur production», renchĂ©rit Serge Merran, dirigeant de la sociĂ©tĂ© First Pack, qui fait produire ses propres designs d’emballages. L’entreprise travaille pour le marchĂ© du snacking dans son ensemble : traiteurs, restauration collective ou traditionnelle, points de vente de restauration rapide, dark kitchen (des cuisines uniquement destinĂ©es Ă  la livraison)… L’explosion de la consommation lors de la crise sanitaire a accĂ©lĂ©rĂ© les problĂ©matiques d’approvisionnement des matĂ©riaux.

Extrait de la revue n° 667 - Avril 2022. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support