Résines plastique : l’industrie de l’emballage dénonce des hausses de prix spéculatives
posted Thursday 23 April 2026
Alors que le conflit au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l’Iran perdure mettant le marché sous tension, Elipso exprime sa vive inquiétude face à la multiplication des déclarations de force majeure abusives par les producteurs de résines (notamment Ineos, LyondellBasell, Sabic et Indorama). Des déclarations de « force majeure » jugées injustifiées par l’organisation professionnelle.
La fermeture effective du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du flux mondial de pétrole et de gaz, provoque des pénuries historiques de matières premières et une flambée des prix. Certains ont déjà annoncé des hausses significatives pour le polyéthylène (PE) et le polypropylène (PP), tablant sur des augmentations de marges substantielles en Europe et en Amérique du Nord. Selon Elipso, des rapports de marché font état de tentatives d’augmentation de prix atteignant au moins 400 à 500 € par tonne, impactant directement les contrats en cours et menaçant la viabilité des transformateurs.
Bien que la situation au Moyen-Orient soit réelle, les industriels de l’emballage considèrent que de nombreuses notifications de force majeure sont abusives. En effet, « de nombreux indices suggèrent que certains producteurs, bien que non affectés directement par les perturbations logistiques du détroit d’Ormuz, utilisent ce prétexte pour renégocier unilatéralement les conditions contractuelles ; imposer des hausses de prix brutales sans lien causal direct avec l’événement invoqué ; et favoriser les exportations vers des zones à plus fortes marges au détriment de l’approvisionnement européen », détaille Elipso dans un communiqué.
Pour protéger la compétitivité de la filière et l’image de l’industrie, Elipso et d’autres associations européennes lancent un plan d’action immédiat. Ainsi, les transformateurs sont invités à utiliser les lignes directrices et les modèles de lettres de l’Alliance Polymers for Europe pour contester formellement les notifications de force majeure erronées. La jurisprudence rappelle que la simple augmentation du coût d’exécution d’un contrat ne constitue pas un cas de force majeure. En parallèle, une campagne d’alerte est lancée auprès de la presse économique pour dénoncer les pratiques spéculatives qui mettent en péril la sécurité d’approvisionnement. Enfin, l’industrie envisage de nommer publiquement les producteurs dont les pratiques sont jugées contraires à l’éthique commerciale afin de les tenir comptables de leurs actes.
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