Le coffret, vecteur de luxe dans l’alimentaire
posted Wednesday 14 January 2026
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Les marques de l’alimentaire premium recherchent des coffrets sublimant leurs produits, et sont séduites par les calendriers de l’Avent. Les fournisseurs ont développé de nombreuses solutions alliant luxe, durabilité et optimisation de petites séries, en mettant notamment l’accent sur la décoration.
Le coffret tient une place à part dans l’univers de l’emballage : souvent synonyme de cadeau, le consommateur le conserve et souvent le réutilise. Les marques l’ont bien compris et cherchent des coffrets conférant une aura «haut de gamme» à leurs produits. Sur le segment des alcools, «certaines marques sont encore dans de l’extravagance, avec du bois ou d’autres matériaux nobles sur le coffret. L’accent est mis sur le design, la décoration – et moins sur le côté pratique. Nous avons beaucoup de demandes pour des coffrets rigides à destination des bouteilles d’alcool, lorsque la production est proche du lieu de remplissage. Réaliser un coffret pliable de luxe reste complexe», remarque Sophie Ivens, pdg de l’entreprise Rissmann. De son côté, Procos a par exemple fourni «pour une bouteille de whisky une boîte en bois MDF avec une façade en verre reflétant la bouteille. Tous les composants devaient être recyclables», explique Leander Kritikos, pdg du fournisseur de coffrets et de sacs shopping. «Au sein de notre activité, nous voyons une baisse relative au marché du cognac, et moins de demandes de coffrets pour le champagne. Sur ce segment, on note par ailleurs une tendance aux coffrets plus éco-conçus, en 100% carton, alors qu’auparavant les marques choisissaient des matériaux comme de la mousse ou du cuir», souligne Bruno Lefebvre, directeur commercial du groupe Verpack. Pour de nombreux clients, la tendance est en effet au coffret mono-matériau tout carton, sans aimant… «Nous avons conçu de nouvelles constructions de boites pour conserver un aspect luxe, avec par exemple une sensation de poids, de fermeture sécurisée. Nous avons ainsi lancé le coffret Slide and Click en 100% carton et papier, avec un système de fermeture spécifique. Il s’agit d’un carré de carton sur lequel vient se cliquer, avec un son subtil, le couvercle du coffret», décrit Sophie Ivens. Rissmann a également étoffé ses collections avec un nouveau coffret cadeau à deux volets, décoré à la fois à l’intérieur et à l’extérieur, ou encore un coffret rond pour les bouteilles, doté d’un calage en pulpe de papier.
Les coffrets séduisent de plus en plus le secteur de l’alimentaire premium
Outre les alcools, les marques de l’alimentaire haut de gamme s’intéressent de plus en plus aux coffrets. «Ces dernières années, l’alimentation est devenue une partie du secteur du luxe. Nous avons commencé avec des boîtes de chocolat. Aujourd’hui, nous observons une montée en gamme : certains produits alimentaires standards deviennent très qualitatifs, comme les huiles d’olive. Les marques recherchent des emballages qui paraissent luxueux tout en respectant leur identité visuelle. La décoration du coffret est très importante. Nous recevons de plus en plus de demandes pour de petites séries destinées à des produits de niche premium, comme par exemple le chocolat de Dubaï. Pour nous, cela signifie investir dans les imprimantes numériques. La sérigraphie numérique prend désormais de l’ampleur. La gravure au laser est également adaptée aux petites séries. Il nous faut faire preuve de créativité dans la manière d’offrir une personnalisation au client. Nous devons optimiser la production à grande échelle d’un côté, et les petits lots de l’autre. L’automatisation à petite échelle représente un véritable enjeu», analyse Leander Kritikos. De nouvelles machines dédiées aux petites séries de boîtes rigides sont désormais disponibles, mais tous les fournisseurs n’en sont pas encore équipés. «Des marques évoluant en dehors du secteur alimentaire, comme des marques de mode haut de gamme, y viennent : certaines proposent par exemple du café ou des chocolats en coffrets. Cela permet de fidéliser leurs clients, de leur offrir une autre expérience. Les quantités sont limitées, mais c’est récurrent sur l’année», souligne Sophie Ivens. Rissmann a lancé la collection de coffrets Pureau printemps dernier, adaptée à des produits de type bouteilles de vinaigre. Conçu en deux pièces de carton qui s’emboitent, le coffret assure à la fois une présentation du produit façon «vitrine», son maintien grâce à la cale intégrée, et sa protection. Il est disponible en deux options, avec des arêtes très nettes ou rainurées.
Pouvoir répondre à des besoins de petites séries
Via le rachat de l’entreprise PLV 37 en 2021, Verpack a renforcé sa présence sur le secteur de l’alimentaire premium. «Nous avons de nouveaux clients dans le chocolat, l’épicerie fine, la pâtisserie… et les animations en boutiques sont nombreuses. Les codes du luxe sont les mêmes que pour le secteur de la parfumerie, avec du marquage à chaud, du gaufrage, de beaux rendus. Grâce à des investissements dans l’impression numérique, nous sommes en mesure de traiter de petites quantités. Ce secteur est moins automatisé que celui de la parfumerie. Mais nous réalisons également des coffrets pour des marques comme Andros ou La Belle Iloise, qui a adopté un de nos coffrets à plat standards, fabriqués en automatique. L’aspect développement durable est évident dans l’alimentaire, notamment parce qu’on ne peut pas utiliser n’importe quel papier à l’intérieur des packs», remarque Bruno Lefebvre. Verpack propose principalement des emballages en papier et carton, travaille sur des languettes en carton pour la fermeture des coffrets, et a élargi son panel de fournisseurs pour se procurer des matériaux adaptés au contact alimentaire – comme du calque ou des papiers bifaces pour le chocolat. Chez Procos, Leander Kritikos complète : «nous recevons des demandes pour des formes spécifiques — comme des boîtes en forme de cœur pour la Saint-Valentin — ou des matériaux tels que les tissus. Mais les matériaux textiles posent un vrai problème en matière de conformité alimentaire. Et comme le produit est souvent expédié, il doit être à la fois léger et résistant», souligne-t-il.
Les calendriers de l’Avent cartonnent !
L’entreprise Cristalpack fournit étuis et coffrets en carton et en transparent pour les marques du luxe, notamment dans le secteur de l’épicerie fine. «Aujourd’hui les marques se positionnent sur de l’entrée de gamme ou du premium. On note une montée de gamme sur le vinaigre balsamique ou encore les confitures. Nous avons des demandes pour du caviar également, avec une volonté de mettre en scène le produit. Nous avons notamment réalisé un projetassociant carton, APET et une cale carton technique», explique Olivier Grandière, responsable commercial de Cristalpack. La société travaille avec de l’APET recyclé. «Dans l’alimentaire, les marques essaient de ne pas ajouter trop de plastique, sauf pour la protection ou l’inviolabilité du pack. Mais c’est un matériau intéressant pour la décoration», dit-il. La tendance reste forte sur le carton en fibre vierge européenne avec une qualité de surface pour l’impression – gaufrage, vernis sélectif, ou numérique. Les clients apprécient également les papiers de création associés à différentes technologies d’impression», souligne Olivier Grandière. Cristalpack est par ailleurs très présent sur un segment porteur : les calendriers de l’Avent, qui fleurissent dans l’alimentaire. «Ils arrivent aussi sur le secteur de l’alcool, avec de petites fioles de dégustation. C’est un moyen de découverte des produits, des gammes, et ce pack permet un décor total de la surface», note-t-il. L’entreprise possède un bureau d’étude intégré, pour répondre aux enjeux d’industrialisation des emballages. «Les marques sont en attente de réactivité, de services avec des acteurs français intégrés», ajoute-t-il. Quant à Rissmann, la société a considérablement développé son offre sur les calendriers – y compris pour le nouvel an chinois, le ramadan, la fin de l’année, Pâques, etc. Le tout en 100% carton, y compris le mécanisme de rotation. Les consommateurs raffolent de ce produit – tout comme des coffrets. L’avenir semble intéressant pour ces solutions d’emballage «festives».