N°668 - Machines&technologies - Editorial


 

 

 

Doria Maïz, rédactrice en chef

IA et recyclage : de la fiction à la réalité
Loin d’être une technologie inspirée des films d’anticipation, l’intelligence artificielle (IA) trouve une place croissante dans les procédés industriels. Et le secteur du recyclage n’est pas en reste. Digne d’un scénario de film hollywoodien, l’histoire des jeunes ingénieurs belges Victor Dewulf et Peter Hedley interpelle. Partis d’une idée quasi bricolée dans leur garage, à partir d’un simple tapis roulant, d’une caméra et d’un tas de déchets récupérés dans une benne à ordures, les compères lèvent aujourd’hui des millions d’euros de financement. Un rêve à l’américaine qui a séduit le jury de l’Office Européen des Brevets (OEB), nominant le duo dans le cadre de son nouveau Prix des jeunes inventrices et inventeurs de moins de 30 ans. Leur système de tri intelligent repose sur un module de reconnaissance par ordinateur, qui utilise l’IA pour identifier précisément les différents types de déchets, et un bras robotisé Fanuc se déplaçant sur six axes pour sélectionner de façon autonome les matériaux de valeur sur un tapis roulant de recyclage. Résultat : une performance de tri améliorée de 300% selon les deux nominés. Le procédé est désormais déployé dans des centres de recyclage au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Italie via leur structure Recycleye.

 

La start-up participe d’ailleurs à l’appel à projet de CITEO, également convaincu de l’intérêt de l’IA dans le recyclage. Une enveloppe de 1,5 millions d’euros finance, depuis plus d’un an, sept projets sur la reconnaissance d’images couplée à l’IA pour améliorer la qualité des déchets recyclés. La jeune start-up belge joue désormais dans la cour des grands et collabore avec Total et Valorplast pour différencier en entrée de recyclage les emballages PE et PP «alimentaires» des «non-alimentaires» en s’appuyant sur l’IA. Les premiers prototypes de l’ensemble de ces projets sont en cours de tests et seront déployés à plus grande échelle si les résultats s’avèrent concluants.

 

Le marché mondial de la gestion intelligente des déchets représentait 1,5 milliard d’euros en 2020 et devrait atteindre 5,4 milliards d’euros d’ici 2026 selon l’OEB.