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Caisses-outres : l’adaptation auxmarchés grand public et professionnels

Alimentaire

Packaging

Vu dans le mag

publié le lundi 31 août 2026

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Vins, eaux, jus de fruits, produits laitiers, alcools forts, mais aussi restauration… la caisse-outre ne cesse d’élargir ses débouchés. Quel que soit le marché, elle doit répondre à des critères environnementaux qui concernent chacun de ses éléments. Les fabricants améliorent la conception des caisses, la recyclabilité des poches, et les systèmes de connexion pour mieux distribuer le produit.

Si le marché le plus important pour les caisses-outres reste le vin, cet emballage conditionne également de plus en plus d’eaux, de jus de fruit, d’huiles ou de produits laitiers – des segments devenus vecteurs de croissance. Il est également utilisé sur le marché des alcools forts – vodka, gin, limoncello… Pour la consommation grand public, ses contenances s’échelonnent de 1,5 à 10 litres. «Le marché se concentre sur des contenances plus petites, le format 5L s’érode au profit du 3L dû à la baisse de consommation de vin par foyer et à la recherche d’un bon compromis entre prix, praticité et conservation», relève Christophe Furet, directeur communication de DS Smith France. «Le secteur de la caisse-outre évolue au gré de la consommation de vin : la tendance est donc plutôt actuellement à la stabilité, avec un léger recul sur certains marchés du fait du contexte économique de cette filière. Mais cet emballage reste porteur grâce à ses atouts, notamment environnementaux», souligne Claudine Poncet, responsable marketing et RSE pour LGR Packaging. Les produits industriels (sauce, œuf liquide, etc.) peuvent eux nécessiter des formats plus volumineux. Le marché de la restauration – incluant hôtels, restaurants, coffee shops, traiteurs… – s’intéresse aux caisses-outres. Le groupe SIG continue d’ailleurs de développer son offre pour ce marché avec une gamme de poches à partir de 1,5 litre. «Le BIB séduit ce secteur car il apporte rapidité, sécurité et facilité d’utilisation sur le point de vente, tout en garantissant un dosage précis, un gaspillage alimentaire minimal, et en réduisant la quantité de matériaux d’emballage à éliminer», résume Giulia Sabattini, responsable marketing caisse-outre et poche à bec verseur Europe chez SIG.

Caisse : améliorer la séparabilité des composants
Les développements récents sont particulièrement orientés sur l’éco-conception. «Les caisses sont allégées tout en maintenant leur résistance, ce qui réduit la consommation de matière et les coûts de transports. Les marques sont attentives à l’évolution structurelle des caisses afin que leur design s’adapte au e-commerce et à un aspect premium pour le commerce», remarque Lluis Ginjaume Matas, directeur général de Cartobol, qui propose une solution complète de la machine à l’emballage. DS Smith, disposant à la fois d’une activité de fabrication d’emballages et de machines d’emballages, a lancé depuis quelques années la caisse à 8 pans mécanisable. «Celle-ci permet de réduire le grammage et la surface développée par rapport à une caisse à 4 pans (6 à 17% de matière en moins), tout en gagnant en résistance à la compression (+20%)», explique Christophe Furet. Le fabricant innove également avec la caisse-outre Round Wrap, pourvue de côtés arrondis – un design possible grâce à une composition de carton plus légère. Elle est formée via la technologie mandrin sur machine DS Smith Systems à une cadence de 60 c/mn. D’autres concepts sont proposés, avec de multiples facettes ou des formes incurvées.
Les caisses-outre avec pré-découpe se multiplient sur le marché : «la solution de la caisse-outre avec tirette, pour ouvrir facilement la caisse carton une fois l’outre vidée et ainsi encourager les consommateurs à séparer les deux éléments pour le tri, est plus que jamais à l’ordre du jour. Cette solution a été approuvée par le groupe de travail d’Adelphe sur la caisse-outre éco-conçue. Une nouvelle campagne de communication va être initiée par cet éco-organisme dans les prochains mois sur le sujet», indique Claudine Poncet. LGR Packaging a, par exemple, mis en œuvre cette solution avec son client l’Union des Vignerons des Côtes du Rhône. Smurfit Westrock a lancé fin 2024 le Bag-in-Box EasySplit: «la poche se retire plus facilement grâce à une fenêtre plus large – pré-découpée et visuellement identifiable grâce à une couleur différente. Chaque composant peut ainsi être recyclé dans son flux respectif», souligne Romain Douy, responsable communication et marketing de la division Bag-in-Box du groupe. L’aspect praticité est important également. Smurfit Westrock a conçu le BIB Powergrip, dont l’ambition est de remplacer les bidons en PEHD ou les jerricans jusqu’à 5 litres. «Une poignée intégrée au carton facilite le versement à une main. L’outre sous vide assure un écoulement continu et parfaitement maitrisé, sans saccades ni éclaboussures», ajoute-t-il. LGR Packaging accompagne depuis plusieurs années ses clients sur la suppression de la poignée plastique, avec des alternatives de type poignées «doigts ou «main», ou des poignées en papier intégrées à la caisse.

La décoration se modernise
La décoration de la caisse est un élément fort de communication et de différenciation. Les caisses-outre se modernisent, notamment sur le vin. «Souvent une bouteille était imprimée sur la caisse, mais des marques ont adopté une vision plus «jeune» avec des impressions de photos, de dessins, des dégradés de couleurs…», précise Salwa Ben Attia, responsable communication et innovation développement business pour Smurfit Westrock. Le groupe propose tout type d’impression – flexographie, dorure à froid, offset, impression numérique, etc. «Le visuel d’une bouteille sur l’emballage est souvent employé pour rassurer le consommateur, valoriser la qualité et faciliter l’identification en rayon…», précise Christophe Furet. DS Smith dispose des technologies d’impression offset et flexographique. Quant aux marchés à l’export, notamment scandinaves, «ils sont particulièrement demandeurs de finitions avec valeur ajoutée. Nous produisons ainsi des caisses-outres décorées avec des papiers texturés ou du gaufrage pour créer un effet de matière et de relief, ou avec vernis spécifiques afin d’apporter du contraste mat/brillant. LGR Packaging dispose en outre d’une ligne offset grand format avec marquage à froid qui permet de créer un aspect métallique partiel ou total, sans plastique. Certains clients préfèrent jouer la carte de la sobriété, avec un effet «kraft»», détaille Claudine Poncet. Lluis Ginjaume Matas constate, par ailleurs, que de «nombreuses marques intègrent des QR codes pour apporter des informations sur le produit, une traçabilité, et favoriser une interaction avec le consommateur».

Des poches en monomatière
La poche est actuellement le composant connaissant le plus d’innovations. «Les fabricants développent des films multicouches plus fins pour des barrières équivalentes – voire meilleures. Les structures hautes barrières à base d’EVOH continuent de croître, tout comme les bio-matériaux et les matériaux plus recyclables. On voit aussi un focus important pour le prolongement de la durée de conservation», résume Lluis Ginjaume Matas. Les poches sont en effet conçues en multicouches – quatre le plus souvent. «Les films ont évolué au fil des décennies pour gagner en durabilité, en réduisant la quantité de matière utilisée grâce à des épaisseurs plus faibles et au développement de films innovants conçus pour être recyclés. Aujourd’hui, une poche de 10 litres ne nécessite que 50 g de plastique, contre 300 g pour un jerrican de capacité équivalente», note Romain Douy. Ainsi, selon le produit conditionné, la poche peut être monomatière avec une barrière EVOH. Le groupe Smurfit Westrock mène actuellement des tests pour proposer également un bouchon monomatière. Le groupe Aran vient, lui, de recevoir un WorldStar Award 2026 (dans la catégorie «emballages préservant les aliments») décerné par la World Packaging Organisation pour sa solution MonoFlex. Cette poche est destinée aux produits alimentaires liquides, disponible dans des formats allant de 3 à 20 litres. Elle est constituée à plus de 95% de PE (en poids) et d’une fine couche barrière en EVOH. Ce produit s’adresse aux fabricants de produits alimentaires liquides, et notamment aux transformateurs de tomates (purées, sauces, concassés…). Un challenge car la performance de la barrière à l’oxygène a un impact direct sur la stabilité de la couleur, la conservation des arômes et la durée de conservation. «Le bec verseur intégré de MonoFlex contrôle l’infiltration d’oxygène pendant le stockage et la distribution, réduisant le risque d’oxydation à l’origine des pertes de qualité et du gaspillage de produit dans ces catégories. La résistance mécanique de la poche et sa résistance à la perforation garantissent l’intégrité du produit tout au long de la logistique en vrac et du stockage prolongé», assure le groupe, qui développe cette technologie pour des emballages industriels de plus grand volume. SIG conçoit également des structures de poches conçues pour le recyclage. «Nous investissons considérablement en R&D pour repenser les structures des poches autour d’un matériau principal, en réduisant le recours à des matériaux tels que le nylon, tout en maintenant la résistance, les performances barrières et la durée de conservation exigées par nos clients. L’objectif est de soutenir à la fois les engagements en matière de durabilité et les futures exigences réglementaires, sans compromettre la performance», assure Ana Ruiz del Árbol, responsable Déploiement Portefeuille caisse-outre et poche à bec verseur Europe chez SIG. Le groupe continue de développer la gamme SIG Terra, offrant diverses solutions d’emballage conçues pour le recyclage.

Simplifier les connexions avec les systèmes de distribution du secteur restauration
Les innovations se concentrent aussi sur l’amélioration de l’intégration des emballages de type caisse-outre aux systèmes de distribution alimentaire et de boissons du marché de la restauration. LGR Packaging a, par exemple, fabriqué pour le groupe Aqua Pyrénées International une caisse-outre de 10 litres pour de l’eau. Elle peut être utilisée de façon nomade, ou bien s’insérer dans un refroidisseur – comme une machine distribution de boisson dans les hôtels. Grâce à une pré-découpe dans la caisse, la poche entre en contact direct avec une plaque du système refroidissant. Le robinet, lui, est positionné à la sortie du refroidisseur. Globalement les bouchons et robinets deviennent plus fonctionnels. «Les clients recherchent des robinets spécifiques à chaque application, permettant d’améliorer la manipulation des produits et de réduire le gaspillage. Parmi les derniers développements, on remarque des valves de connexion/déconnexion pour les systèmes de distribution automatique», note Lluis Ginjaume Matas. C’est le crédo de SIG : l’entreprise a développé des solutions de raccords et de connecteurs permettant une connexion fluide aux distributeurs, améliorant ainsi l’efficacité opérationnelle, la sécurité des produits et la facilité d’utilisation. Ces systèmes en circuit fermé simplifient l’installation, réduisent la manipulation et contribuent à garantir une distribution homogène des produits. Par ailleurs, «en maintenant une cohérence des matériaux entre la poche et le raccord, nous proposons une solution d’emballage conçue pour le recyclage et favorisant les objectifs d’économie circulaire. Par exemple, nous disposons d’un système de connecteur en PE qui élimine les composants multi-matériaux, tels que les membranes internes», explique Neville Richmond, responsable Développement Commercial caisse- outre Europe chez SIG.

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