Medicos investit dans l’automatisation et renforce son modèle intégré
posted Tuesday 30 June 2026
Abonnez-vous à la revue pour lire la suite de l'article
s'abonner
Pour accompagner sa croissance et rester compétitif, Medicos accélère l’automatisation de son outil industriel. Le groupe lyonnais a investi plusieurs millions d’euros dans de nouveaux équipements dont une ligne de laquage à Izernore, renforce l’intégration de ses procédés de production et mise sur l’intelligence artificielle, l’impression 3D et les matériaux de nouvelle génération pour conjuguer performance industrielle, exigences qualité et transition vers des emballages plus durables.
Indépendant et dirigé par Cédric Marmonier depuis 2002, Medicos, dont le siège est à Lyon, développe des solutions complexes de packaging primaire, spécifiques et catalogue (pots, capots, compte-gouttes, bouchons, capsules, etc.) destinés aux marques de dermo-cosmétique, de maquillage de parfumerie et de soins capillaires telles qu’Avène, La Roche-Posay, Nuxe, Lierac, Uriage, SVR, Melvita, Roger&Gallet, Institut Esthederm, Dior, Giorgio Armani, L’Occitane en Provence, Guerlain, Helena Rubinstein, Lancôme, Serge Lutens, Vichy, Zadig & Voltaire, Issey Miyake… Pour répondre à ce large éventail de besoins, le groupe s’appuie sur un réseau de quatre sites industriels implantés en France (Izernore, Chassal, Rombach) et en Italie (Milan), cumulant près de 300 ans d’expérience. Son parc industriel comprend 92 presses d’injection plastique, huit lignes de verre étiré automatiséesainsi que des ateliers de décoration et de parachèvement multi-technologies. «C’est ce modèle intégré qui nous permet d’être très présents, par exemple, sur le marché du compte-goutte, un format que nous avons développé en cosmétique depuis 2010 et qui s’appuie sur notre savoir-faire pharmaceutique historique. Les clients apprécient d’avoir un seul interlocuteur pour l’ensemble du packaging», souligne Cédric Mamonier, président fondateur de Medicos. Pour accompagner sa croissance et rester compétitif, le groupe a récemment investi plusieurs millions d’euros dans l’automatisation de ses outils.
Une nouvelle ligne de laquage haute vitesse à Izernore
A Izernore dans l’Ain, Medicos s’est ainsi équipé d’une nouvelle ligne de laquage haute vitessedestinée aux marchés de la beauté et du packaging premium. Avec cet investissement de taille – près d’un million d’euros – cette ligne de dernière génération automatisée permet au groupe d’internaliser les opérations de laquage des pots et capsules. En fonctionnant en mode continu ou pas à pas selon la cadence de production, elle permet d’optimiser la maîtrise des flux industriels, les délais de production et la compétitivité des développements packaging. «Avec une cadence de 4000 pièces par heure, cet équipement nous permet de doubler notre capacité de production tout en répondant aux exigences des laques techniques à hauts extraits secs et faibles émissions de COV, avec des procédés optimisés en consommation matière et en performance environnementale», explique Denis Moiraud, directeur du site Medicos d’Izernore. La nouvelle ligne se distingue également par des modules de dépoussiérage ionisé et de brossage, de flammage et de séchage infrarouge avec cabines indépendantes qui optimisent la qualité du laquage et limite les défauts de production pour une performance décuplée.
Une salle grise dédiée à Chassal-Molinges
Fort de 31 presses d’injection et d’un atelier d’assemblage automatisé, l’autre site de Medicos, à Chassal-Molinges – spécialisé dans le compte-goutte – a également bénéficié fin 2025 d’une extension des locaux de 800 m² sur deux niveaux pour un montant de 800 000 euros. Grâce à ces travaux, les bâtiments accueillent un nouvel atelier impression 3Det une unité dédiée aux machines spéciales développées en interne. «Sur notre parc de 45 machines, une vingtaine a été mise au point par nos équipes. Cette personnalisation réalise des économies de coût conséquentes et représente un gain en termes d’agilité. Quant à l’impression 3D, elle nous permet de fabriquer de nombreux outillages en interne de façon plus réactive», ajoute Cédric Marmonier.
L’usine avait déjà connu un autre investissement de taille en 2022 avec l’installation d’une salle grisedédiée à l’injection et à l’assemblage des composants sensibles. Elle s’appuie sur des équipements automatisés intégrant des systèmes de contrôle par caméras et les dernières technologies de capteurs avec IA intégrée destinées au suivi qualité des productions. Cette organisation permet de répondre aux exigences de maîtrise de la qualité, de répétabilité industrielle et de contrôle des composants techniques sensibles. «Grâce à l’intégration de l’IA, 100% des pièces sont contrôlées. Le traitement de ces données nous permet d’anticiper les dérives potentielles. La technologie répond ainsi aux exigences croissantes de marques pour qui le zéro défaut est devenu la norme afin de protéger leur image de toute atteinte», explique Elodie Perrot, directrice du site de Medicos Chassal.
Une expertise matériaux orientée vers les plastiques de nouvelle génération
Historiquement spécialisé dans les polymères techniques et les matières souples comme le PVC et l’EVA, Medicos a progressivement évolué vers les matières thermoplastiques élastomères (TPE) comme le SEBS, utilisées pour leurs propriétés de souplesse, d’étanchéité et de performance technique. «Le SEBS utilisé dans les têtes de pipettes des compte-gouttes est un matériau mou et collant difficile à manipuler. Savoir l’injecter de façon optimale est un véritable savoir-faire interne», confie Elodie Perrot. Dans le cadre de sa feuille de route PPWR, l’entreprise travaille aujourd’hui sur l’intégration de matières recyclées à l’instar du rPP pour les compte-gouttes ou du rPET voire du PMMA pour les pots à parois épaisses mais également sur des plastiques biosourcés. Le groupe mène notamment des travaux autour du PHA (polyhydroxyalcanoate), un biopolymère issu de la fermentation bactérienne de ressources renouvelables, biodégradable et ne générant pas de microplastiques persistants en fin de vie. Medicos explore également les matériaux issus de fibres végétales comme le chanvre, les résines biosourcées, les matières recyclées mécaniquement ou chimiquement ainsi que les solutions compatibles avec les contraintes de détection et de tri des emballages. «La question de l’approvisionnement des matières premières, et plus particulièrement des plastiques, est devenue stratégique dans notre métier. Pour sécuriser nos sourcing, nous avons décidé d’intégrer un groupe d’achat depuis plus d’un an. La concurrence chinoise, les tensions géopolitiques mondiales et les baisses de volume de production impactent les marges et nous obligent à stocker davantage pour se prémunir de futures hausses de prix», indique Prune Thevenin, directrice commerciale de Medicos. Malgré un climat instable qui réduit la visibilité sur les commandes futures, Medicos reste confiant : la R&D tourne à plein régime, signe d’une dynamique positive du secteur.