Du mono-matériau au film unique : simplifier la structure des sachets
posted Wednesday 30 September 2026
Par Jakub Pędziński, responsable développement business, Masterpress.
Les sachets occupent une place croissante dans l’alimentation, les soins personnels, les produits ménagers et certaines applications industrielles. Par rapport à des contenants rigides, ils peuvent réduire la quantité de matériau nécessaire et se prêter aux usages de recharge. Leur évaluation ne peut toutefois plus se limiter à la protection du produit et au comportement sur la ligne de conditionnement : la composition, la recyclabilité et la fin de vie doivent également être prises en compte.
Le passage des complexes multi-matériaux aux structures mono-matériau constitue une évolution importante. Il ne règle cependant pas à lui seul toute la question de la complexité. Un sachet mono-matériau peut encore associer plusieurs films de la même famille de polymères par laminage. L’étape suivante consiste donc à déterminer si les fonctions attendues peuvent être réunies dans un seul film non laminé, sans compromettre la barrière, la résistance mécanique, le scellage ni la durée de conservation.
La distinction est technique. Les laminés ont longtemps permis de combiner des propriétés complémentaires : barrière à l’oxygène ou à l’humidité, résistance aux graisses et aux huiles, imprimabilité, rigidité et intégrité mécanique. En contrepartie, la multiplication des films, des interfaces et des adhésifs peut compliquer le tri et le recyclage. Une structure non laminée vise à supprimer l’assemblage de plusieurs films et les adhésifs associés, tout en conservant les fonctions nécessaires à l’application.
Cette simplification ne rend pas automatiquement un emballage recyclable. Le résultat dépend de sa composition complète, des éléments fonctionnels qu’il contient, de leur compatibilité avec la filière visée et de l’existence d’infrastructures de collecte, de tri et de recyclage adaptées. Elle peut néanmoins faciliter une conception orientée vers le recyclage en réduisant les composants et les opérations de transformation qui ne sont pas indispensables.
Toutes les applications ne se prêtent pas à cette approche. Les produits pasteurisés, les traitements à température élevée ou les contenus exigeant une barrière très élevée peuvent encore nécessiter des structures laminées spécialisées. Pour les applications compatibles, l’analyse doit porter sur des données mesurables : perméabilité à l’oxygène et à la vapeur d’eau, résistance mécanique, fenêtre et intégrité de scellage, comportement au remplissage, stabilité pendant la durée de conservation, sécurité réglementaire et recyclabilité selon les lignes directrices de conception pour le recyclage.
La validation en conditions réelles est donc déterminante. Le projet BeFORE, financé par l’Union européenne, évalue actuellement un sachet stand-up non laminé développé par Masterpress pour le conditionnement de savon. Sa structure PE est testée pour ses propriétés barrières, sa résistance, sa stabilité de conservation, sa conformité aux exigences de sécurité, son fonctionnement sur des lignes automatisées de remplissage et de conditionnement, ainsi que sa recyclabilité.
Ce type de programme associe fabricants d’emballages, marques, recycleurs et organismes de recherche afin de confronter la conception théorique aux contraintes industrielles. Il permet également d’identifier les compromis entre réduction de la complexité, protection du produit et traitement en fin de vie.
Le mono-matériau n’est donc pas nécessairement un point d’arrivée. Lorsque l’application le permet, la suppression du laminage peut constituer une étape supplémentaire vers des sachets plus simples. Son intérêt doit toutefois être démontré au cas par cas, sur la base de performances techniques, d’essais de ligne, de données de conservation et d’une évaluation rigoureuse de la recyclabilité.