Recyclage : DePoly inaugure son usine pilote à Monthey
posted Friday 17 July 2026
La deeptech DePoly, basée à Sion et forte de 30 salariés, a inauguré début juillet son usine de démonstration à Monthey. Première installation de dépolymérisation du PET issu de bouteilles plastique, emballages et textiles polyester de cette envergure en Suisse, cette inauguration va permettre au fabricant de passer à l’étape de commercialisation. 50 millions CHF de volumes clients ont déjà été contractualisés.
Fondée en 2020 comme spin-off de l’EPFL par Samantha Anderson, Chris Ireland et Bardiya Valizadeh, DePoly franchit une étape déterminante avec l’ouverture de son usine de démonstration à Monthey. Contrairement au recyclage traditionnel, qui dégrade progressivement la qualité des matériaux à chaque cycle, la technologie de DePoly décompose le PET en ses composants chimiques d’origine, permettant de recréer des matières premières de qualité vierge, sans aucune perte de performance et adaptées à toutes les applications du PET.

Pour accueillir cette première unité industrielle, DePoly a choisi de s’implanter au cœur du parc industriel de Monthey (CIMO), qui réunit infrastructures de pointe, expertise chimique et proximité avec son siège valaisan. L’inauguration a réuni également plusieurs partenaires de DePoly, dont son plus récent investisseur, Una Terra Venture Capital, aux côtés d’investisseurs historiques tels qu’Infinity, Founderful, BASF, Beiersdorf, ACE & Company, MassMutual Ventures…
Fruit d’un investissement significatif et de la création de 12 emplois directs et de plus de 30 emplois indirects, l’usine de démonstration affiche une capacité nominale d’environ 500 tonnes par an. Au-delà de la production, il servira à optimiser le procédé, qualifier les matières premières auprès des clients industriels et préparer le déploiement de la première usine commerciale de DePoly, dont la capacité visée atteindra 50’000 tonnes par an.

Le procédé développé par DePoly repose sur une dépolymérisation chimique activée par la lumière, capable de traiter le PET en moins de 60 minutes, sans recourir à des températures ou des pressions élevées. Cette approche permet de récupérer les monomères d’origine du matériau – à savoir l’acide téréphtalique purifié (PTA) et le monoéthylène glycol (MEG) – directement réutilisables dans les procédés industriels existants, et ce sans perte de qualité. Sa force réside dans sa polyvalence. Elle traite un large spectre de déchets aujourd’hui peu valorisés par les filières conventionnelles : emballages alimentaires, textiles polyester, films complexes, matériaux colorés ou contaminés. Les matières premières ainsi récupérées trouvent des débouchés dans des secteurs aussi variés que l’emballage, le textile, l’automobile ou l’électronique.
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